L’Iran, histoire d’une success-story

Il est indéniable que la République Islamique d’Iran est en passe de devenir une superpuissance, si pas mondiale, au moins régionale. Les fondements de cet irrésistible essor sont divers, et peuvent parfois être très éloignés des idées généralement répandues en Occident. Cet article a pour objectif de lever le voile de l’incompréhension sur l’influence croissante de l’état théologique, et ceci dans une perspective historique.

La révolution islamique de 1979 marque un tournant non seulement dans l’Histoire de l’Iran, mais également dans celle du monde musulman en général. Avant cette date, l’Islam n’était pas perçu comme un système de valeurs applicable au domaine politique, même si quelques théocraties musulmanes, comme l’Arabie Saoudite, existaient déjà. Les évènements qui ébranlèrent le pays au début de l’année 1979, où le régime pro-occidental et dictatorial du shah fut remplacé par une autre dictature, islamique celle-ci, sonnèrent le glas sur l’hégémonie essentiellement britannique et américaine dans ce vaste pays, riche en ressources naturelles.

Lors de l’avènement au pouvoir de l’ayatollah Khomeiny, les occidentaux répondirent avec un certain flegme, l’Occident ne mesurant pas encore pleinement l’importance de ce séisme politique. En effet, nous étions en pleine guerre froide, et cette jeune république, bien qu’arrogante et belliqueuse, comme en témoigne l’assaut de l’ambassade américaine à Téhéran en 1979, assaut qui fut organisé en partie par l’actuel président Iranien, Mahmoud Ahmadinejad, ne représentait pas un réel danger. Le personnel Américain fut retenu en otage durant 444 jours, et ne retrouva la liberté qu’en 1981. Bien évidemment, ces événements tragiques ne firent pas la publicité du jeune régime et marquèrent le début de la guerre latente qui oppose les Etats-Unis à l’Iran encore de nos jours. Dès 1980, les volontés impérialistes de l’Iran furent exprimées, l’ayatollah Khomeiny appelant les chiites d’Irak à se soulever contre Saddam Hussein, arrivé au pouvoir un an plus tôt. L’Irak était alors perçu par les Etats-Unis et par le monde arabe, majoritairement sunnite, comme un rempart les protégeant du mouvement iranien, chiite celui-ci. Saddam Hussein, dirigeant sunnite dans un pays à majorité sunnite, tremblait à l’idée d’un coup d’état, d’autant plus que les chiites étaient persécutés depuis plus de 13 siècles… Saisissant l’occasion d’un simple différend frontalier, le dictateur socialiste Irakien lança ses tanks à l’assaut de la République Islamique dès le 22 septembre 1980, déclenchant par la même occasion une guerre qui dura 8 ans et devait faire environ un million de morts. L’Irak, profitant des pétrodollars, jouissait alors de la quatrième armée du monde. Voyant cependant dans les efforts de modernisation orchestrés par le parti Baas comme un terreau pouvant éventuellement donner naissance à un état démocratique, stable et laïque, les occidentaux, tout comme les soviétiques décidèrent de soutenir l’offensive irakienne, qui devait mettre fin au régime islamique, à peine sorti de l’œuf, et déjà si belliqueux. La révolution iranienne venait seulement de se mettre en marche qu’elle était déjà acculée de toutes parts… Le Peuple iranien fit néanmoins preuve d’un courage à toute épreuve, et repoussa, aux prix de sacrifices surhumains, les troupes ennemies, pourtant mieux équipées et mieux entrainées. Le conflit s’enlisa rapidement, mais finalement, les hostilités cessèrent le 20 août 1988. La première tentative de coup d’état contre le régime des mollahs avait échoué…

L’Iran comprit dès l’aube de la guerre que l’extension islamiste ne serait pas tout de suite possible en Irak, et qu’il fallait donc se trouver une autre cible, plus fragile. Le Liban, tiraillé par des communautés aux aspirations différentes, et qui ne possédaient pas les mêmes droits, asphyxié par l’afflux de plus en plus important de réfugiés palestiniens sunnites qui venaient fragiliser encore un peu plus l’équilibre entre les communautés, semblait être le terrain idéal pour l’expansion de l’islamisme politique. La guerre civile y faisait rage depuis 1975, les blindés israéliens circulaient parmi les oliviers au pays du cèdre… L’Iran, alors affairé dans la guerre sans merci qui l’opposait à l’Irak, ne pouvait raisonnablement pas y envoyer de troupes régulières. Ils eurent donc recours à une autre stratégie, à la fois plus intelligente et plus efficace, personne ne pouvant alors rivaliser avec la puissance de feu de l’état juif. Dès 1982, quelques centaines d’hommes furent envoyés à Beyrouth dans le but de cimenter la résistance, et surtout de la discipliner, puisqu’à l’image de l’OLP de Yasser Arafat, les combattants arabes, s’étant faits écraser, n’avaient même pas pu organiser leur retraite. Arafat avait par ailleurs été contraint de partir dans un humiliant exil en Tunisie. Les hommes de Téhéran, tous gardiens de la révolution, mirent immédiatement à mal les troupes étrangères sur place, grâce à un habile système de leviers, eux préférant garder les mains propres en fournissant en armes, entraînant et finançant les combattants sur place. Ainsi naissait le Parti de Dieu, connu sous le nom de « Hezbollah ». Ils recrutèrent dans les quartiers pauvres des villes libanaises, les populations chiites y vivant étant exaspérées par les inégalités sociales qui les frappaient par rapport aux chrétiens maronites, qu’ils identifiaient aux colonisateurs Français, et par corrélation aux troupes occidentales déployées dès 1982. La soudaine organisation et efficacité de la guérilla libanaise laissa coi les forces étrangères en présence, habituées auparavant à se délecter de victoires aisées. L’Iran mit alors en place une stratégie qui est toujours la sienne actuellement : éviter les affrontements directs, financer des mouvements aussi divers que possibles, mais tous désireux d’en découdre avec l’ennemi, tout en occultant au possible les liens l’unissant avec ces mouvances guerrières. La guerre du Liban était une occasion en or pour mettre au point des nouvelles stratégies de guérilla, qui seront exportées par la suite à d’autres champs de bataille. C’est ainsi que naquirent également le Hamas et le Jihad Islamique modernes et sur un autre champ de bataille, le Hezbollah kurde. Les succès rencontrés alors par les combattants libanais et palestiniens (notamment issus de l’OLP vaincu) servant sous les ordres d’Iraniens eurent un effet positif sur l’influence de la République Islamique dans le monde arabe ; il était notoire que jamais un dirigeant arabe n’avait réussi à rependre ne fut-ce qu’un seul centimètre carré aux sionistes, et l’Iran se présentait donc comme le successeur de la résistance musulmane à l’envahisseur. En étendant aussi son cercle d’influence à des milieux sunnites, il jeta par la même occasion les bases d’un Empire, qu’il s’efforce de bâtir. Les accords de paix mettant fin au conflit libanais furent signés en 1990, mais le Liban sud, zone tampon avec Israël, était toujours occupé par les soldats de Tsahal. Le Hezbollah, ainsi que d’autres factions ayant prêté allégeance à Téhéran, continuèrent les violences à l’égard de l’occupant, rongeant chaque jour un peu plus les certitudes dont il se tançait. A bout de forces, l’armée israélienne se retira en mai 2000, cédant aux pressions du Peuple, fatigué de cette guerre contre un ennemi fantôme. En effet, en accord avec les promesses faites au régime de Téhéran, le Hezbollah était alors une nébuleuse insaisissable, les noms des principaux commandants n’étant même pas connus, ce qui est un comble quand on connait la glorieuse réputation du Mossad, l’agence des services secrets israéliens ! La République Islamique exultait, elle venait de remporter sa première grosse victoire sur l’échiquier du Moyen-Orient. Cependant, afin de ne pas dévoiler sa réelle implication, aucune parade ne vint animer les rues de la capitale iranienne, le secret étant le maître mot dans la guerre que l’Iran entend mener pour étendre son influence à l’ensemble des pays arabo-musulmans.

Le 20 mars 2003, le président Américain, George Bush, en lançant ses chars Abrams à l’assaut de Bagdad, commit une erreur qui devait s’avérer fatale, non seulement pour la nation Irakienne, mais également pour les aspirations Américaines au Moyen-Orient. Certes, l’armée de Saddam Hussein fut balayée en l’espace de 15 jours, mais la défaite politique effaçait le brillant succès militaire. Les Iraniens, qui, dès l’instauration du régime islamique, avaient accueilli sur leur territoire les partis politiques chiites irakiens traqués par les services secrets Irakiens, étaient d’ores et déjà assurés de leur suzeraineté sur la partie sud de l’Irak, majoritairement chiite, lorsque le régime sunnite de Saddam Hussein serait destitué. En effet, les descendants de la glorieuse Perse comprirent dès la guerre Iran-Irak, et le siège qu’ils firent à Basra, seul accès à la mer de l’Irak et poumon économique du pays, que l’usage de la force militaire se révélerait contre-productif. C’est pourquoi, s’inspirant du modèle Libanais, qui avait déjà fait ses preuves, ils mirent en œuvre un vaste système de corruption, jumelé à de multiples efforts de séduction. La philosophie prônée est : plutôt que de passer pour un occupant, un colonisateur, mieux vaut se rendre indispensable auprès des Irakiens eux-mêmes. L’invasion de l’Irak par les Américains et leurs alliés fut dès lors perçue comme du pain béni : on leur servait l’Irak et ses ressources sur un plateau. L’Etat Irakien, appareil de répression particulièrement sanglant a toujours servi à contenir trois communautés se vouant une haine vorace : les Sunnites, les Chiites et les Kurdes. Or, quand les bombes téléguidées américaines vinrent exterminer les chars irakiens T-72, c’est l’Etat irakien lui-même qui disparut, en même temps que son armée. En effet, les forces militaires irakiennes étaient plus un outil de répression intérieur qu’un élément destiné à prévenir les menaces étrangères. Le fait que Saddam Hussein n’ait gagné aucune des guerres qu’il a menées (Iran, Koweït, Coalition Occidentale) abonde en ce sens. Les Américains, incapables de se faire apprécier en Irak, ne purent combler le vide politique laissé par la disparition du régime Baasiste, laissant la place libre à l’Iran et à ses fidèles. Suivant le modèle des vases communicants, les alliés de Téhéran, dont un nombre conséquent de partis politiques réfugiés dans la république Islamique aux heures les plus sombres de la barbarie de Saddam Hussein, vinrent prendre possession des lieux désertés. C’est ainsi, qu’à l’heure où vous lisez cet article, plus d’un tiers de l’Irak, la partie sud pour être précis, est de facto sous le giron des mollahs. Téhéran se dépêcha de prendre le contrôle de Basra, ville de première importance. En effet, Basra, importante ville portuaire, d’où partent principalement les exportations de brut irakien, se situe dans une région à forte majorité chiite, où sont par ailleurs produits 1,9 millions de barils par jour, soit l’essentiel de la production irakienne, et revêt donc une importance capitale. De nos jours, Téhéran joue un rôle direct dans l’examen de la liste des compagnies étrangères souhaitant investir dans le coin, la police et les services secrets exerçant dans la région ne répondent plus qu’à l’Iran, tout comme les universités et les hôpitaux. Qui plus est, l’Iran fournit les ressources dont la ville de Basra a besoin pour survivre. Les troupes Britanniques défilant dans les villes de la région n’auraient rien pu changer à la situation ; le véritable combat qu’il fallait mener était situé au niveau de la politique, pas au niveau de la puissance militaire. Mais l’emprise iranienne sur l’Irak ne s’arrête pas là : les ministères fédéraux chargés des exportations de pétrole sont eux-mêmes sous le contrôle de factions chiites proches de Téhéran. La chute de Saddam Hussein permit également à l’Iran de reprendre le contrôle de lieux saints chiites, tels que Karbala. En prenant des mains des arabes sunnites cette terre sainte, le vieux rêve d’un contrôle chiite de La Mecque se voit ravivé…. L’Arabie Saoudite semble d’ailleurs avoir conscience du danger, et augmente sans cesse ses dépenses militaires, estimées à 10% du PIB en 2006, ce qui est loin d’être un pourcentage qu’on peut balayer d’un revers de la main. Tirant les ficelles de mouvements de résistance irakiens tels que l’armée du Medhi de Moqtada al-Sadr, le régime Islamique compte répéter le scénario de la victoire au Liban : affaiblir chaque jour l’ennemi un peu plus en le harcelant, le démoralisant, et en lui faisant comprendre qu’il n’est en sécurité nulle part. Le savoir-faire iranien dans la conception d’explosifs, dans la préparation d’attentats à la voiture piégée, dans la guérilla urbaine, et dans les embuscades était le cauchemar des militaires et politiques américains et britanniques, qui n’eurent d’autre choix que d’ordonner le retrait des troupes d’occupation. L’invasion Américaine de l’Irak, bien qu’elle forçat les Iraniens à affiner encore un peu plus leur de guérilla, fut un véritable cadeau pour Téhéran qui n’en espérait pas tant. L’Iran venait de remporter sa deuxième grande victoire, encore une fois sans toucher à la gâchette.

La troisième victoire décisive de l’Iran réside dans le contrôle que le pays exerce sur l’approvisionnement énergétique mondial. Premier pays à lancer l’exploitation du pétrole au Moyen-Orient, dès 1913, l’Iran est aujourd’hui un acteur incontournable sur les marchés énergétiques. L’Iran, actuellement 4ème producteur mondial de pétrole, et 2ème producteur de gaz, cherche pourtant à obtenir un quasi-monopole. Ayant déjà fait main basse sur une partie non-négligeable du pétrole irakien, l’Iran aurait des vues sur le pétrole du Golfe Persique dans son ensemble, où sont concentrées 65% des réserves mondiales. L’acquisition de ce pétrole pourrait être facilitée par le fait que le Golfe Persique est occupé à 90% par des chiites, qui vouent un profond ressentiment à l’égard des sunnites, leurs dirigeants et persécuteurs de toujours. En 1988, un affrontement naval dans le Golfe Persique opposa l’US Navy à la marine iranienne. L’Iran avait alors menacé de fermer le détroit d’Ormuz, large à peine de trente kilomètres, et par où passent 20% des exportations mondiales de pétrole. A l’époque, cette menace ne pouvait être prise au sérieux, il en va autrement aujourd’hui… En effet, les Iraniens, conscients que leurs forces armées conventionnelles ne peuvent encore rivaliser ouvertement avec les armées occidentales, bien qu’ils aient acquis beaucoup d’équipements modernes, ont eu la bonne idée d’enterrer sous les côtes un nombre exponentiel de missiles sol-sol Silkworm chinois. Invulnérables aux attaques aériennes, ces missiles permettraient à Téhéran de fermer le détroit d’Ormuz en l’espace de quelques minutes et la sécurisation de la zone demanderait une opération terrestre extrêmement coûteuse en hommes. L’Iran a par ailleurs promis d’agir de la sorte si les occidentaux, Américains en tête, se décidaient à attaquer la République Islamique. On peut estimer que le baril de pétrole frôlerait les 500 dollars et plongerait nos économies dans la récession. Par ailleurs, la fermeture du détroit provoquerait l’écroulement de l’Arabie Saoudite, qui, incapable de continuer ses exportations de pétrole vitales pour son économie, n’aurait d’autre choix que de trouver d’autres voies d’acheminement, infiniment plus coûteuses. Voilà une des raisons principales qui fait que l’Iran est invulnérable, même sans la bombe nucléaire. Mais la soif iranienne d’hégémonie sur les marchés des hydrocarbures ne s’arrête pas là ; tout le Moyen-Orient est visé. Pour arriver à ses fins, l’Iran compte encore une fois mettre en œuvre ses techniques habituelles : soulever une partie de la population, en fournissant armes, ravitaillements et fonds, tout en restant bien tapi dans l’ombre. Cependant, pour une fois, le régime des mollahs ne remporta qu’un succès en demi-teinte. Se basant sur les aspirations kurdes à devenir une nation indépendante, ce qui paraît légitime quand on sait qu’il s’agit de la plus grosse minorité au monde ne disposant pas de territoires en leur propre nom, ils financèrent les mouvements kurdes actifs principalement en Irak et en Turquie. L’objectif était avant tout de faire main basse sur le pétrole présent dans la région de Kirkuk, au Kurdistan irakien, et de déstabiliser la Turquie, perçue comme un tremplin pour les forces de l’OTAN au Moyen-Orient. Il semblerait que l’influence iranienne dans le Kurdistan irakien dépasse déjà ce que Bagdad devrait accepter. C’était sans compter sur la faction pro-iranienne au pouvoir en Irak. Le soutien de la première heure des autorités iraniennes aux rebelles kurdes évoluant à l’étranger semble cependant être à double tranchant, l’Iran étant lui aussi parfois frappé d’attentats imputables aux mêmes kurdes. De nos jours, Ankara tente d’échapper à l’emprise de Téhéran, qui contrôle non seulement une grande partie des réserves de gaz, mais aussi les voies d’acheminement. C’est dans cet objectif qu’on assiste à un rapprochement significatif entre Ankara et Moscou, chose encore impensable il y a quelques années. Une autre cible de la politique expansionniste de l’Iran est l’Azerbaïdjan, pays émergent du Caucase Sud, dont l’économie est en grande partie basée sur les hydrocarbures, issus majoritairement de la mer Caspienne. L’ex-république soviétique amorce un rapprochement plus ou moins volontaire avec Téhéran, parce qu’outre le fait qu’ils possèdent une importante frontière commune, sa population est elle aussi majoritairement musulmane et chiite. Au grand dam de la Russie, qui voit rétrécir son aire d’influence, l’interpénétration économique entre les deux voisins se fait de plus en plus importante. Mais l’Iran regarde également vers l’est : la Chine, nécessiteuse en permanence de nouveaux apports énergétiques, trouve dans le chef de Téhéran un partenaire fiable, et prêt à répondre à ses besoins, puisque d’ici 2015, l’Iran compte presque doubler sa production de pétrole. Le phénomène de vases communicants semble également applicable à l’Afghanistan, la deuxième ville du pays, Hérat, majoritairement peuplée de chiites, et faisant frontière avec l’Iran, se retrouvant désormais inondée de produits iraniens, le rial étant désormais la devise la plus utilisée, et le pétrole venant lui aussi de l’autre côté de la frontière. Quelle surprise quand on apprend qu’un oléoduc venant d’Asie centrale et fournissant le Pakistan et l’Afghanistan (pourtant riche en gaz) passe justement par Hérat, poste avancé iranien en territoire afghan… L’Iran a su tirer profit des immenses ressources naturelles dont il dispose, tout en tentant de se saisir des ressources présentes dans les pays voisins, devenant ainsi un acteur énergétique incontournable. Leur troisième victoire éclatante leur donne une stature mondiale.

Tout les éléments présent ci-dessus tendent à relativiser la mauvaise posture dans laquelle se trouverait l’Iran à cause de son présumé programme nucléaire militaire, qui serait pourtant suspendu selon le NIE (National Intelligence Estimate), document américain émanant d’une étude des services secrets. On peut se poser des questions sur la fréquentabilité de la République Islamique au su (et au vu) des nombreuses violations des droits de l’Homme accomplies dans ce pays, les mutilations, pendaisons publiques, lapidations et autres traitements dégradants ne faisant évidemment pas partie ce que l’on peut considérer comme acceptable au 21ème siècle. Il est cependant indéniable qu’il s’agit maintenant d’un acteur incontournable, non seulement au Moyen-Orient, mais également dans le monde entier. Le résumé des victoires les plus importantes de l’Iran (il en eut bien d’autres) nous permet de comprendre l’essor si inattendu d’un pays d’abord terroriste et relativement inoffensif, avant de devenir impérialiste et d’une puissance telle qu’il fut capable de battre Tsahal à deux reprises, en 2000 lors du retrait israélien du sud-Liban, et en 2006, lorsque le Hezbollah repoussa l’offensive israélienne, sans que celle-ci ne parvienne à remplir un seul de ses objectifs. Le monde musulman s’est trouvé un nouveau leader.

Miroslav Koutný

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