Le roi du chaos s’en va, place au petit père du Peuple grec

George Papandréou, premier ministre grec, laisse sa place à Lucas Papademos. Le roi du chaos est remplacé par le petit père du Peuple (démos signifie peuple en grec). Le nouveau venu devra diriger un gouvernement d’union nationale jusqu’aux élections anticipées de février 2012. La pression des marchés et des grands pays européens aura été trop forte. Papandréou et son référendum sont envoyés dans les oubliettes de l’histoire. Le peuple grec n’a pas le droit de s’exprimer sur son avenir. Telle est en substance la volonté européenne.

Les Grecs ne sont pas au bout de leurs peines. Si la révolution austère a mangé un autre de ses enfants, c’est pour y placer un de ses porte-drapeaux. Papademos est un fervent partisan de l’économie de marché. Il fera donc tout pour protéger ce système qui veut que le peuple souffre de mesures injustes, mais apparemment nécessaires. Pendant ce temps là, le capitalisme financier se régalera d’une macédoine de fruits des sacrifices consentis par la masse.

Le nouveau premier ministre, ancien vice-directeur de la Banque Centrale Européenne, ne risque pas de s’embêter. Il doit tout d’abord sacrifier le niveau de vie et la décence des Grecs sur l’autel des exigences européennes. Les inventeurs de la démocratie occidentale auront dès lors le choix entre deux possibilités : la misère ou l’exil. La faim ou le mal du pays. Le désespoir ou l’oubli. Le petit père du peuple grec doit ensuite perpétrer le génocide financier sans qu’une révolution n’éclate. Pour ça, pas de soucis. Les Français ou les Allemands distribuent plus allégrement les balles en caoutchouc que les billets de banque. Le dictateur déchu Ben Ali pourrait cependant rappeler à Papademos que le savoir « made in France » n’a pas suffi.

En attendant, les Grecs souffrent. Les suicides deviennent à la mode, des affamés déambulent dans les rues d’Athènes, le désespoir est la nouvelle monnaie d’échange. Les citoyens allemands, belges, slovaques ou autrichiens se rassurent. Ce suicide social ne peut pas les atteindre. Pas encore.

Miroslav Koutný

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