Une bombe « made in Iranium » jetée dans la mare ?

Iran. Un mot qui résonne comme une menace aux oreilles des Occidentaux et d’Israël. Un mot qui a la froideur d’une lame sur la gorge de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique. L’Iran fait maintenant plus peur qu’il n’irrite. De plus en plus d’observateurs clament que le régime des mollahs veut s’approprier l’arme atomique. Mais que signifierait concrètement un pays où le pouvoir religieux aurait la capacité de créer une apocalypse d’ampleur… biblique ?

Tout d’abord, Téhéran pourrait  fermer le détroit d’Ormuz, qu’il contrôle en partie. C’est par là que transitent 30% de la production mondiale de pétrole. Les prix des produits pétroliers battraient alors tous les records. La 5ème flotte américaine présente dans le Golfe risquerait-elle de forcer le blocus, au risque de déclencher le cataclysme nucléaire ? Rien n’est moins sûr. Ensuite, les ennemis de l’Iran auraient du souci à se faire. Israël, mais aussi les royaumes sunnites du Golfe Persique pourraient se retrouver dans le collimateur. Ahmadinejad n’a-t-il pas appelé plusieurs fois à rayer Israël de la carte ? L’Iran pourrait bien se croire invulnérable. Un Iran sanctuarisé pourrait réviser sa politique étrangère, pour la rendre beaucoup plus agressive. Téhéran doit faire face à une contestation populaire récurrente. Pour unifier son peuple, l’Iran pourrait avoir recours à la bonne vieille méthode de l’ennemi extérieur. Une guerre contre Israël aurait une issue incertaine. L’État hébreu pourrait faire face non seulement à l’Iran, mais aussi aux pays arabes. Ces pays pourraient oublier leurs réticences et entrer en guerre en se cachant derrière l’arme iranienne. Israël, qui possède  la bombe, en ferait-il usage, même s’il sait qu’il devra subir à son tour ses effets dévastateurs ? On en revient au principe de la rationalité des acteurs, cher aux théoriciens des relations internationales.

Violation du Traité de non-prolifération Nucléaire

Ensuite, la violation iranienne du Traité de non-prolifération nucléaire créerait un dangereux précédent. L’accroissement de la puissance militaire iranienne pousserait ses ennemis régionaux (Arabie Saoudite, Bahreïn, Émirats Arabes Unis) à prendre part à la course à l’armement nucléaire. Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) pourrait alors avoir autant de poids qu’un règlement de cantine scolaire. Le TNP peut  être facilement contourné, comme le démontre l’Iran, état signataire. L’Iran pourrait partager les secrets de l’arme suprême avec des états « amis ». Et si le Venezuela, la Syrie ou la Biélorussie bénéficiaient des recherches iraniennes ? Et pourquoi pas le Hezbollah libanais, grand allié de Téhéran ? La boîte de pandore serait alors ouverte, et les démons qui en sortiraient auraient la capacité de mettre un terme à une aventure nommée humanité.

Il sied cependant de rappeler que les différents rapports de l’Agence de l’Énergie Atomique n’ont pas clairement affirmé que l’Iran cherche à se doter de la bombe. Il existe un faisceau de présomption qui laisse cependant de moins en moins de place au doute. Les plus hautes instances iraniennes rappellent quant à elles le caractère civil de leur programme nucléaire. Selon les Occidentaux, Américains en tête, l’Iran serait en passe de devenir un « état du seuil ». Les états du seuil désignent ceux qui ont la bombe de manière officieuse, en parfaite violation du TNP.

Miroslav Koutný

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