Un pénis pour arme de guerre

Un phallus géant dessiné sur un pont amovible face au QG du FSB (services secrets) à Saint-Pétersbourg. Un buffet dans une rame de métro. Une voiture de police renversée. Une partie de jambes en l’air géante dans un musée. Une pendaison fictive d’homosexuels et d’Asiatiques. Un homme déguisé à la fois en pope et en policier quittant une épicerie sans payer. Ces actions, par leur absence totale de limites rappelle deux choses : la guerre et la piraterie. Or, ici, nous n’avons pas affaire à des pirates, mais à des guerriers. Des guerriers de la rue. Voïna, la guerre en russe, voici leur nom.

Le collectif Voïna est déjà légendaire en Russie. La bande s’organise en 2007. Très vite, Oleg Vortonikov et ses complices décident de choquer pour faire réfléchir. C’est ainsi qu’ils décident de planifier l’action « Mordovskiy chas ». Théâtre des opérations ? Un McDonald situé à Moscou. Les activistes rentrent dans le fast-food et commencent à bombarder le personnel à l’aide de poulets (vivants) et de chats de gouttières ! Un journal local qualifie immédiatement cet acte d’hooliganisme ! Le ton est donné.

Les membres de la « milice » Voïna se font peu à peu connaître par une série d’actions telles que : « embrasse des ordures », « révolution de palais », « flic en robe sacerdotale », ou encore « humiliation de flic à son domicile ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que cela donne de la conjectivite à l’œil de Moscou. Mais le groupe ne connaîtra son heure de gloire qu’avec l’opération « une bite en captivité au FSB ». Dans la nuit du 14 juin 2010, un quelques membres de Voïna rôdent autour du siège du FSB à Saint-Pétersbourg. Soudainement, en à peine 23 secondes, ils peignent un phallus de 65 mètres sur un pont amovible. Quand le pont se dresse, même les membres du FSB les mieux montés se rendent compte qu’ils sont bien peu de choses… Sur les 9 participants, un est arrêté. Il passe 48 heures au cachot, en « bonne compagnie ». Le ministère russe de la Culture décide en avril 2011 de leur remettre le « prix de l’Innovation » pour ce graffiti qui ne manque pas de virilité. Le groupe refuse le prix ainsi que la forte somme d’argent qui l’accompagne. Les « guerriers » refusent ce qu’ils voient comme une tentative de corruption. La bande de Voïna préfère la clandestinité. Un peu à la manière de ces écrivains dissidents lors du temps de l’Union Soviétique. Après tout, un poulet lancé à la figure, c’est aussi une forme de « samizdat ».

Le Revizor

Voici quelques liens renvoyant sur des vidéos consacrées au groupe « Voïna »:

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