L’opposition n’en a rien à Syrer de la démocratie

Le grand méchant ogre russe montre les dents. Poutine Ier le sanguinaire fait tout pour protéger son complice, El Assad le dépeceur de Damas. Hier encore, au siège des Nations Unies, le Kremlin l’a assuré : il est hors de question de demander au président syrien de démissionner.  Plusieurs pays occidentaux et arabes avaient saisi le Conseil de Sécurité de l’ONU pour qu’El Assad quitte son poste. Peu importe où il ira. En enfer, à Disneyland Tokyo en compagnie d’un des fils de feu Kim-Jong Il ou même en Somalie apprendre à jouer au cricket à dos d’éléphant. Le principal, c’est qu’il plie bagages et laisse le pays glisser vers un modèle démocratique.

 
Tel est le souhait de la « communauté internationale », c’est-à-dire les occidentaux et ceux qui les supportent. Pourtant, rien n’est aussi simple que ce que les médias dominants insufflent dans nos caboches bienpensantes. Premièrement, le soudain intérêt pour la démocratie de la part de pétromonarchies absolues telles que le Qatar n’est pas anodin. Il vise à détruite l’axe chiite formé par l’Iran, l’Irak, la Syrie et le Liban. Une fois cet axe détruit, un Islam sunnite et offensif pourra être placé au cœur de la politique. En d’autres termes : la dictature est morte, vive la dictature !

Dans le même ordre d’idées, le CNS (Conseil National Syrien, regroupe l’opposition) se montre aussi ouvert à la démocratie et à l’humanisme qu’une bande de rhinocéros en période de rut. Les leaders de l’opposition  ont rejeté toutes les  tentatives de dialogue proposées par le régime en place. De cette manière, ils contribuent à plonger le pays dans les ténèbres de la guerre civile. Pourtant, ce ne sont pas les occasions qui manquent. Il y a quelques jours, Vladimir Poutine proposait qu’un dialogue d’égal à égal se tienne à Moscou. Hors de question rétorque l’opposition, du moins tant que le calife Bachar El Assad fréquente toujours son palais de Damas. Iznogoud place donc la charrue avant les chameaux.

Pourtant, le régime syrien fait des promesses de réformes qui pourraient l’engloutir. El Assad l’étripeur jure de révolutionner la constitution, à défaut de révolutionner l’appétit de l’opposition. Le président encore et toujours en place propose d’abolir le monopole consacrant son parti. Proposition vilipendée. El Assad l’empoisonneur libère des milliers de prisonniers de l’opposition. Poudre aux yeux, scande l’opposition. El Assad appelle au dialogue national et à la fin des violences. Bougre d’imbécile, éructent les militants « pro-démocratie ».

En Syrie, la situation semble toujours au point mort, sans mauvais jeu de mots. Opposition et pouvoir s’affrontent jour et nuit dans le fracas des coups de kalachnikovs. La paix est une chimère qu’on assassine au poignard. Le romantisme révolutionnaire refuse de céder la place à la sagesse réformiste. Le sang qui coule est plus excitant que l’encre qui teint le papier. Mais qui est à blâmer ?

Miroslav Koutný

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