Relent de colonialisme dans la bouche de Marianne

 

Récemment Claude Guéant, ministre français de l’Intérieur a une nouvelle fois défrayé la chronique. Il faut dire qu’en « bon » humoriste fascisant, il a du talent. De la maîtrise même. Ainsi, selon notre humoriste en chef, toutes les civilisations ne se valent pas. Certaines sont donc indubitablement meilleures que d’autres. Certaines ont droit à la parole, d’autres au silence. En perspective ? Une belle leçon d’humanisme à la française.

 
Claude Guéant et sa clique sont des habitués de la chasse à l’étranger. Plus souvent quand ledit étranger est bronzé (dixit Berlusconi) et musulman. Et donc inévitablement opposé à la démocratie telle que nous la connaissons. Opposé aux droits accordés aux femmes. Irrité par notre « soif de liberté ». Ulcéré par notre société consumériste. M. Guéant affirme qu’il ne vise pas les musulmans français. Ainsi, une carte d’identité détermine à elle seule l’appartenance à une civilisation ou à une autre. Ainsi un bout de papier plastifié justifie à lui seul une discrimination institutionnalisée.

 

La France fut un empire. Un empire qui brassait des ethnies disparates, rassemblait des cultures hétéroclites, réunissait des humains aux cultures séparées par un océan de différences. Pourtant, dans cet empire, l’apartheid était la règle. L’Indochinois, l’Algérien et le Sénégalais ne vivaient que pour cirer la botte du Français porté aux nues pour son « esprit des Lumières ». La violence avait pour essence la différence raciale.

 
L’Empire s’est défait. Comme se défont tous les empires. Le monde a voulu croire à l’unité. Le citoyen lambda en avait marre du sang venait le tacher. Le Français aspirait à un monde meilleur. Mais il a vite déchanté. Deux tours s’effondrent un beau matin de septembre, et les fous refont leur apparition. Le choc des civilisations est devenu le pain béni de charognards alléchés par d’éventuels succès électoraux. La peur est redevenue le moteur politique par excellence. Cette même peur qui nous fait perdre toute once de raisonnement. Cette frousse qui a entraîné l’Algérie dans un bain de sang indescriptible. Cette trouille qui pousse à attaquer, avant « qu’ils » ne frappent.

 
Claude Guéant a beau être un humoriste, il n’a rien inventé. Il surfe sur la vague populiste qui menace d’engloutir toutes les valeurs européennes qui font notre fierté. M. Guéant n’a d’original que sa bêtise. M. Guéant n’a de surprenant que son incapacité à comprendre le monde qui l’entoure. M. Guéant n’a qu’un défaut : n’être pas né à la bonne époque. Il aurait fait un excellent pourfendeur d’infidèles maures.

 

Mais M. Guéant n’est que le fou du roi. Le fou d’un roi tout aussi fou que lui. Pour s’assurer la victoire aux présidentielles, la fin justifie les moyens. Il faut rabattre l’électorat d’extrême droite dans les marécages nauséabonds de l’UMP. Pour cela, quoi de mieux que de mettre le feu à la forêt ? Le gibier, apeuré, aura tôt fait de se jeter dans les bras du président-karcher. Les incendiaires de la peur ont encore des beaux jours devant eux. Échec et mat.

 

Miroslav Koutný

 

 

 

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