Israël fourbit ses armes

 

« L’Iran est une menace pour Israël, seule démocratie perdue dans une mer arabe. Israël ne peut accepter de vivre sous la menace de l’anéantissement nucléaire ». Voilà avec quelle berceuse le gouvernement israélien endort tout esprit critique chez son peuple. Voilà comment le premier ministre israélien Netanyahou se débrouille pour occulter que son propre pays possède l’arme atomique depuis des décennies en toute illégalité. Ces manœuvres n’ont qu’un objectif: attaquer, et si possible faire tomber le régime iranien.

 

Beaucoup de spécialistes ne voulaient voir dans la rhétorique guerrière d’Israël qu’une séance de musculation parmi tant d’autres. Pourtant, les choses ont changé. Plusieurs éléments l’attestent. Tout d’abord, les violences récentes avec la bande de Gaza. L’aviation israélienne attaque et tue un chef islamiste dans la bande de Gaza. La réaction ne se fait pas attendre, il pleut à nouveau des roquettes dans le désert israélien. Mais l’état juif possède un parapluie formidable: le dôme de fer. Ce bouclier antimissiles intercepte rapidement la majorité des vieilles roquettes issues de l’industrie soviétique. Malgré le peu de dégâts, Israël se sent obligé de riposter, pour la forme. Une trentaine de Palestiniens y laissent la vie. Car oui, il est facile de tuer un peuple en cage. Ensuite, les « hommes de paix » de Tel-Aviv proposent un cessez-le-feu. Israël a gagné la bataille. L’état hébreu a pu tester (avec succès) son système de défense antimissiles.  Les Palestiniens n’étaient qu’un outil, qu’un mur de carton qu’on utiliserait pour le crash-test d’une nouvelle berline. Dans une guerre avec l’Iran, qui se ferait à coups de missiles interposés, Israël a pris de l’avance. Tel-Aviv peut espérer éviter le retour de fronde.

 

Mais les préparatifs ne s’arrêtent pas là. Dans tous les patelins du pays, on distribue les masques à gaz, on se rue dans les supermarchés pour acheter des conserves. À Tel-Aviv, les pancartes « Free Hugs » brandies par quelques inoffensifs idéalistes pourraient disparaître. À la place, on pourrait voir des crânes rasés vêtus de kaki avec des pancartes « Free Gas Mak ». Les sirènes crèvent les tympans des Israéliens, les enfants sont drillés à se terrer dans les caves dès que résonne le bruit d’un moteur dans le ciel. Et peu importe si les avions iraniens ressembleraient à des ULM face à la débauche de technologies dans les mains israéliennes. Les capacités militaires derniers cris sont rendues possibles grâce à l’aide américaine. C’est en effet pour Israël que l’Oncle Sam délie le plus sa bourse dans le cadre des programmes d’aide extérieure annuelle. 3 milliards et demi de dollars ont été donnés à Israël en 2011, dont 3 milliards en aide militaire. 3 milliards, cela représente environ 20% du budget israélien de la Défense. 3 milliards de dollars, c’est presque 3 fois plus que ce que Washington a accepté de débourser pour venir en aide aux voisins Haïtiens lors du tremblement de terre de 2010.

 

Obama pris en otage

 

Autre élément saillant: la pression mise sur le président des États-Unis d’Amérique, également président de la défense des intérêts d’Israël dans le monde. Netanyahou et toute sa clique se sont récemment rendus à Washington. Objectif? Convaincre les USA d’apporter un soutien, au moins passif, aux intentions belliqueuses de ceux qui se considèrent comme « les seuls démocrates du Moyen-Orient ». Barak Obama tente alors de convaincre le premier ministre israélien de mettre un frein à ses projets. Le président américain lui peint alors le tableau de ce que pourrait être la région si la guerre venait à nouveau l’embraser: un conflit généralisé, ou les cavaliers de l’apocalypse se déchireraient entre eux les souffrances des populations. Obama essaye de persuader Netanyahou de laisser la priorité à la diplomatie. Après tout, l’Iran est encore loin d’avoir la bombe, si tant est qu’il s’agit de son objectif. Mais le premier président noir des USA se rend vite compte qu’il ne pourra pas être également le premier à s’affranchir des caprices du petit protégé. Le poids du lobby juif (AIPAC) pèse trop sur les élections présidentielles. La machine de guerre financière pourrait cracher des billets dans la mauvaise direction, livrant le pays aux hordes de Républicains bien plus conciliants. L’homme le plus puissant du monde doit courber l’échine et rentrer dans le jeu d’Israël. Adieu les beaux discours et les mains tendues! Place aux poings qu’on brandit et aux coups de rangers dans la gueule! Les jérémiades israéliennes tournent en boucle sur CNN, le dialogue devient monologue. La diplomatie rime alors avec idiotie, la guerre avec devoir sincère.

 

Miroslav Koutny, le Revizor

 

Quelques liens:

Blog faisant la promotion de l’armée israélienne: http://blogtsahal.wordpress.com/

Agence de presse iranienne, site disponible en français: http://www2.irna.ir/fr/

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