Dis-moi qui tu étais, je te dirai qui tu hais

Un musicien sur des bateaux de croisière italiens. Un avocat au barreau de Paris. Un officier de la marine marchande roumaine. Une notaire suissesse. Un chanteur haïtien. Un lieutenant-colonel du KGB. Une armée de banquiers bâtisseurs de tours de Babel en carton. Quel est le point-commun entre toutes ces carrières ?  Toutes ont menées aux plus hautes fonction de l’état. Les médias utilisent souvent le passé de ces hommes politiques comme un moyen de justifier leurs errances actuelles. Pourtant, le main streaming médiatique fait deux poids, deux mesures.

Une tradition occidentale veut que les hommes de lois, principalement des avocats, parviennent à se hisser sur les plus hautes marches du pouvoir. Nicolas Sarkozy, Mariano Rajoy, Barack Obama et Tony Blair ne sont que des exemples parmi tant d’autres. En Afrique, les usages veulent que ce soit le treillis militaire et pas la toge qui précède l’accession au pouvoir. Les exemples les plus édifiants sont le Libyen Mouammar Kadhafi, le Zimbabwéen Robert Mugabe ou encore le Zaïrois/Congolais Mobutu Sese Seko. La maîtrise des subtilités des lois ainsi que la réputation de menteurs irrévérencieux qui colle aux avocats sont en partie responsables du déficit de confiance qui touche nos hommes politiques occidentaux. Les citoyens belges, français, espagnols, britanniques ou allemands font toujours tourner le même disque griffé, dont le tube s’appelle « tous des pourris ». Mais dès qu’un dictateur africain orchestre un petit massacre à la machette, on change le disque. Ce n’est plus « tous des pourris », mais « c’est normal, c’est un dictateur noir issu de l’armée ».

Tous ceux qui veulent comprendre le monde doivent faire preuve d’un minimum d’honnêteté. Si les dérives autoritaristes de Vladimir Poutine sont dues à son passage au KGB, alors il ne faut pas s’étonner que des carnassiers tels que Mario Draghi, Mario Monti et Lucas Papademos mettent l’Europe sociale à sac. Ces trois caricatures, toutes droit sorties d’un recueil d’horreurs publié par la banque Goldman & Sachs occupent aujourd’hui des postes de la plus haute importance. Ils sont respectivement directeur de la Banque Centrale Européenne (BCE), président du conseil italien et premier ministre grec.  En nommant des « capitalistocrates » de la pire espèce à des fonctions aussi importantes, nous faisons entrer une meute de loups affamés dans la bergerie.

Austérité, austérité, austérité. Les nouveaux « financial presidents » de l’Europe n’ont que ce mot à la bouche. Ce qu’ils oublient de dire, c’est que ce ne sont pas les peuples qui hier se sont saoulés comme toute la Pologne. Dans ce cas, pourquoi sont-ce eux qui doivent se gaver de Dafalgan, d’eau fraiche et de pain sec ? Pendant ce temps, la caste économique dirigeante continue ses beuveries effrénées. Des journaux proches de grands groupes industriels comme le Figaro se félicitent des bons résultats du CAC40 ou du Dow Jones. Vous reprendrez bien un peu de crise financière ? Allez, encore quelques licenciements pour la route ! Et bien non. Nous en avons marre. Marre de voir que quelques hauts-gradés de la finance tiennent la barre de ce monde, et qu’ils l’emmènent en pleine tempête. Un autre commandant est possible. Mais pour cela il ne faut ni un capitaine de pédalo, ni un partisan de la « droite décomplexée ». Il faut une rupture. Rendez-vous le 22 avril ?

Miroslav Koutny, le Revizor

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