La guerre civile frappe aux portes du Parthénon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des rafales de Kalashnikov déchirent le silence des Dieux. Le parlement grec est en feu. Partout, des soldats armés jusqu’aux dents. Un cocktail molotov explose sur un blindé de l’armée. Le char bouge sa tourelle, vise une fenêtre et tire. Le chaos règne en Grèce.

La Grèce goûte aux horreurs de la guerre civile. Des voisins s’entretuent. Un fils dénonce son père à la police. Le tissu social est parti en fumée. Le désespoir bout depuis trop longtemps. Il a finir par péter au visage de ceux qui l’ont répandu. Le peuple est descendu dans la rue. Ou plutôt les peuples : celui de la gauche radicale, et celui de l’extrême-droite. Les forces de sécurité tapent dans le  tas. La recette semble identique à celle qui a amené le nazisme au pouvoir dans l’Allemagne des années 30 : chômage, misère, populisme, xénophobie et sentiment d’injustice.

Tout aurait pu mieux tourner. L’Europe aurait simplement pu tendre la main à la Grèce, berceau de notre culture. Bruxelles aurait pu pardonner les erreurs et les mensonges de la classe dirigeante grecque. Pardonner pour le bien des citoyens. Absoudre au nom des idéaux européens. Mais non. Dès que les fleurs du mal ont éclos, Bruxelles s’est enfermée dans la rigidité. « La solidarité a un prix ! » clament-ils à Bruxelles. Mais quel prix ? L’espoir ? La démocratie ?

Petit retour sur la crise. Dès l’éclatement de la crise en 2008, les argentiers de l’Europe se sont embourbés dans une voie sans issue :   l’endettement pour combattre l’endettement. À cela, on ajoute une dose de mesures sociopathes. On aurait éventuellement pu l’accepter si cette « technique » avait porté ses fruits. Mais il n’en est rien. La dette a augmenté de 80 milliards d’euros. Le chômage flirte avec les 20%. Les suicides deviennent une tradition locale. Le peuple ne mange plus à sa faim. La Grèce retourne au Moyen-âge.

C’est dans ce contexte que le gouvernement organise des élections législatives le 6 mai 2012. Les Grecs de tous les horizons ont enfin l’occasion de s’exprimer et de rejeter en masse la répression financière qui les vise. Stop ! Ils ne veulent plus du « concerto pour une paupérisation » orchestré par de bien mauvais chefs d’orchestre ! Les partis traditionnels (Pasok, socialiste ; Nouvelle Démocratie, conservateurs) sont laminés. Syriza, leader de la gauche radicale, devient la deuxième force politique du pays. Les néo-nazis défoncent la porte du parlement. Une page se tourne.

Mais voilà, ni le camp « pro-austérité » ni celui « anti-austérité » ne parviennent à former un gouvernement. L’impasse est totale. L’Europe menace la Grèce de l’expulser si elle ne parvient pas à s’extirper du bourbier politique. Finalement, le pays organise de nouvelles élections au mois de juin.

C’est ici que tout dégénère. La gauche radicale, sous la tutelle de Syriza, remporte la majorité. L’austérité est définitivement jetée aux oubliettes. Les néo-nazis ont doublé leur score et deviennent la deuxième force du pays. La rue s’embrase, gauchistes et nazis s’affrontent dans le sang. Les uns apportent une réponse sociale et économique à une crise financière, tandis que les autres expliquent tout par « les vagues d’envahisseurs immigrés ». Mais personne n’a su voir un danger bien plus grand encore : l’armée.

La Grèce est un pays à tradition militariste. Les conflits avec la Turquie voisine ont laissé des traces, et ce même à l’ère de l’Otan. Si les coupes budgétaires touchent tous les secteurs, la Défense ne vit pas un drachme. L’armée continue à prospérer, sous le regard bienveillant des Européens. Des prêts français et allemands ont été consentis avec la promesse que la Grèce achète des armes à Paris ou Berlin. Ce qui devait arriver, arriva. L’armée grecque est horrifiée par l’arrivée au pouvoir de « cryptocommunistes ». Les colonels décident de prendre les choses en main. Il faut à tout prix cloisonner les gauchistes dans leur misère. Pour cela, tous les moyens sont bons. Sous prétexte de « rétablir l’ordre, de sauver la constitution » les militaires font usage d’une violence barbare.

La violence paye plus que le vote. Très vite, les militaires matent toute contestation. Syriza est banni de la vie politique. Les néo-nazis d’Aube Dorée sont menacés, mais restent finalement dans l’opposition. Qui a dit que junte militaire ne rimait pas avec « démocratie » ? L’Europe hausse le ton. « L’armée doit se retirer et cesser toutes les violences. Il faut laisser au peuple la possibilité de s’exprimer. Ce qui se passe en Grèce est inacceptable dans un état de droit » ose même José Manuel Barroso, président de la commission européenne. Ne s’est-il toujours pas rendu compte que l’état de droit s’est évaporé depuis que l’Europe s’acharne sur la Grèce ? N’a-t-il toujours pas saisi que l’état de droit a laissé la place à la raison du plus fort ?

 

Miroslav Koutny, the Greek

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Une réponse à “La guerre civile frappe aux portes du Parthénon

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