La Colombie doit quitter le Moyen-Âge!

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) sont à un tournant de leur histoire. Le pays lui-même semble enfin capable de tourner le dos à la violence qu’il connaît depuis près de deux siècles. De plus en plus de voix se lèvent pour que le problème de la violence soit saisi à la racine. Une réforme agraire s’impose. La Colombie sera peut-être enfin à l’image de la colombe, symbole de la paix.

Quand on pense à la Colombie, quelles sont les images qui prédominent ? Narcotrafiquants aux costumes colorés, guérilleros retranchés dans les montagnes, miliciens fascistes, militaires sanguinaires… Bref, la violence semble être l’image de marque du plus gros producteur mondial de cocaïne. Finalement, le téléspectateur moyen finit par se lasser. Il zappe un énième reportage consacré à la guerre civile colombienne pour se mater une belle production artistique diffusée sur Canal + le samedi soir. C’est tellement plus facile. L’occidental finit même par en oublier ce qui se passe à Bogota. Mais voilà, brusquement les évènements le rappellent à l’ordre ! Un journaliste occidental, français de surcroît est enlevé par  les FARC. L’indignation le prend à la gorge. Comment tolérer qu’une guerre civile qui fait plus de 2000 morts par an puisse toucher un occidental qui ne faisait « qu’une inoffensive promenade en compagnie de l’armée » ?

Roméo Langlois est reporter pour la chaîne de télévision France 24. Intrépide, il décide d’accompagner l’armée dans une des opérations prévues dans le cadre du programme de répression intitulé « sécurité démocratique ». Mais voilà, les choses se déroulent moins bien que prévu : le convoi militaire est attaqué par les Farc. Tous les soldats escortant Roméo Langlois sont tués. Roméo lui-même échappe de peu à la mort, les guérilleros sont à deux pas de l’abattre alors qu’ils le prennent lui aussi pour un militaire. Finalement, les guérilleros l’emmènent au plus profond de la forêt tropicale.

Il y restera 33 jours. 33 jours où le téléspectateur occidental maugréera devant une « telle barbarie ». Les Farc, elles, bénéficient d’une publicité sans précédent depuis la libération d’Ingrid Betancourt. À sa libération, Roméo Langlois stupéfie tout le monde : les Farc seraient favorables à une solution politique au conflit. Ils ne seraient pas les bêtes sanguinaires que l’on décrit habituellement.

D’un coup, tout l’argumentaire des militaires de Bogota tombe à l’eau. Les Farc n’ont pas pour objectif le contrôle du pays. Ce qu’ils exigent, c’est la dignité. Une réforme agraire dans un pays où quelques grands propriétaires contrôlent des terres aussi vastes que des départements français. Avec toutes les conséquences que cela entraîne : exclusion des petits paysans, assujettissement de la politique à l’économie via des réseaux clientélistes, développement de vastes réseaux de narcotrafiquants, corruption généralisée de la justice… Ainsi, les Farc, malgré toutes les horreurs dont ils se montrent coupables (au même titre que l’état) aspirent avant tout à la justice sociale.

Et qui pourrait leur refuser cette justice ? Le 21ème siècle n’est plus le moyen-âge. Les paysans ne doivent plus être des vassaux vacillant sous les coups de cravaches des suzerains. La guerre froide aussi est révolue. Il n’a plus lieu de s’inquiéter face à l’expansion communiste. Il faut que la Colombie fasse enfin la réforme agraire tant attendue. Distribuez les terres, au lieu de distribuer les armes !

 

Miroslav Koutný

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s