Le Qatar visité au lance-flamme

Travailleur pakistanais

Le Qatar est à la pointe des révoltes qui ébranlent les régimes poussiéreux du monde arabe. Cet état lilliputien fournit des armes aux rebelles syriens, a bombardé l’armée libyenne, a donné 100 millions de dollars aux révolutionnaires égyptiens, s’est indigné contre la répression en Tunisie… Doha est désormais incontournable au Moyen-Orient. C’est là que se nouent toutes les intrigues, que s’organisent tous les coups tordus, que se retrouvent tous les révolutionnaires syndiqués. Pourtant, si beaucoup louent ses offensives diplomatiques et militaires, peu savent ce qui se cache derrière le masque du chevalier blanc de la démocratie orientale. Éclairage au lance-flamme.

Au Qatar aussi ils possèdent une pyramide. Tout autour, d’imposants militaires en rangers remplacent les hordes de touristes en sandalettes. Cette pyramide a un nom : la verticale du pouvoir. Dans ce royaume où le pétrole abreuve les plus extravagantes ambitions, le roi soleil s’appelle Hamad Al Thani. Dès son plus jeune âge, il se délecte des fastes du pouvoir, son père Khalifa Al Thani étant le souverain de la pétromonarchie. Le petit Hamad Al Thani ira faire ses études en Grande-Bretagne, à l’académie militaire de Sandhurst. Ensuite, il rentre au pays et intègre les forces armées. Il va sans dire que ses exceptionnelles compétences soldatesques l’amènent à avoir le torse aussi fourni de médailles que sa moustache de poils. Hamad Al Thani se verra finalement bombardé « ministre de la Défense ». Il modernise l’armée nationale et… s’en sert pour chasser son petit-papa bien-aimé du pouvoir ! On peut toutefois qualifier le Brutus qatari de « réformateur » : il s’est approprié le trône sans avoir fait couler le sang. Le père vivra un pénible exil dans des palaces crasseux de la Côte d’Azur et des Émirats Arabes Unis. Finalement, son fils lui permettra de revenir au pays en 2004. Jusqu’à présent, aucun journaliste n’a été autorisé à assister aux repas de famille.

L’émir Hamad Al Thani, heureux propriétaire de trois femmes. À sa mort, ses 24 enfants se déchireront pour accéder au trône.

Une dictature moderne

L’émir Al Thani dit défendre la liberté dans le monde arabe. Les financiers comprendront rapidement qu’il s’agit de la liberté d’investir, d’acheter, de vendre et de s’enrichir. Car pour ce qui est du reste, l’émir et sa clique ont asphyxié les désirs de liberté des Qataris sous une couche de billets. Le petit pays pointe à la 114ème place au classement de la liberté de la presse. Soit derrière les exotiques Soudan du sud, Libéria, Kirghizistan et Palestine. Pas de quoi pavoiser. Au Qatar, les criminels sont flagellés ou lapidés. La sodomie est punie de cinq ans de prison. Les pénitenciers du pays peuvent donc être qualifiés de « cages aux folles ». Mais ce sombre tableau est occulté par le « miracle » économique du Qatar.

Très croyants, les Qataris remercient chaque jour Allah de leur avoir donné des réserves d’hydrocarbure titanesques. Le Qatar partage avec le turbulent voisin iranien les réserves pétrolifères de North Dome (South Pars pour les Iraniens). Il possède les troisièmes réserves mondiales de gaz après la Russie et l’Iran et est le premier exportateur de gaz liquéfié. Le régime d’Al Thani envoie aux quatre coins du monde 800 000 barils de pétrole par jour. Tout ça alors que le pays est plus de deux fois plus petit que la Belgique. Les Qataris se distinguent par leur formidable propension à la pollution : ils sont ceux qui rejettent proportionnellement le plus de gaz à effet de serre. En outre, le chômage est inexistant, puisqu’une moitié de la population vit de rentes pétrolières alors que l’autre redécouvre les horreurs de l’esclavagisme.

Les architectes qataris sont polyvalents : ils peuvent tout aussi bien construire des gratte-ciels démesurés que des bidonvilles. L’ironie de l’histoire, c’est que ce sont justement ceux qui bâtissent les fastueux édifices qui croupissent dans les taudis. Principalement originaires du Pakistan, d’Asie du sud-est et des autres pays arabes, les immigrés ont deux tâches : nettoyer les maisons des qataris et les construire. Leur passeport est souvent confisqué, ils sont fréquemment maltraités et  sont payés selon le bon vouloir de leur « maître ». Les jeunes filles deviennent des esclaves sexuelles. Selon l’ONU, chaque année plusieurs centaines de travailleurs passent l’arme à gauche sans que le tout-puissant émir aux mœurs douteuses ne s’en émeuve. Le phénomène s’est encore accentué avec le récent achat de la coupe du monde de football 2022 par le Qatar. Pour construire ses stades climatisés, l’émir a besoin d’encore plus de miséreux facilement exploitables. Les rangs des travailleurs immigrés sont encore appelés à grossir d’un million de personnes. Pourtant, le pays compte actuellement 86% d’étrangers, ce qui en fait le ratio le plus élevé au monde ! Selon un rapide calcul, on peut dès lors raisonnablement estimer que chaque Qatari a besoin de six ou sept valets allochtones pour assurer son bonheur personnel. Ce pourcentage pourrait monter jusqu’à 94% suite à la coupe du monde. Attention, Marine Le Pen pourrait finalement trouver « une utilité » aux immigrés.

Cela vous choque ? Le monde, lui, il s’en fout. Occident en tête, la « communauté internationale » ferme les yeux sur tous les écœurants forfaits commis par ce pays-confetti. Car si l’émir a trahi son père, les occidentaux ne trahiront pas le Qatar. Pourquoi cracher sur la main qui t’engraisse ? Les Qataris détiennent déjà totalement ou en partie : Total, le groupe de luxe LVMH, le PSG, Veolia, Lagardère, la banque Barclays, le célèbre magasin londonien Harrod’s, la banque brésilienne Santander, Volkswagen, etc. Même la plus haute tour d’Europe est détenue par des Qataris ! Ce sont en effet ces dieux du pétrole qui ont bâti la Shard London Bridge Tower, qui culmine dans les nuages au-dessus de Londres à 310 mètres de haut. Autant dire que s’insurger contre les pratiques qataries serait un crime de lèse-portefeuille.

Une diplomatie gangrénée

Le Qatar sourit tous les jours au reste du monde en montrant ses dents en or incrustées de diamants. Son Altesse l’émir Al Thani a très rapidement compris l’importance de la propagande dans le monde actuel. C’est ainsi que la chaîne de télévision panarabe Al Jazeera est née. Beaucoup d’occidentaux et d’Arabes lui reprochent de faire le lit des islamistes radicaux. Ils ont raison. Al Jazeera diffuse fréquemment des communiqués d’Al Qaeda on ne peut plus explicites. En 2007, la chaîne demande aux internautes s’ils approuvent les attentats d’AQMI en Algérie : le tollé est général. Al Jazeera peut également difficilement soupçonnée d’objectivité dans le traitement du conflit syrien, alors que son fondateur fournit des armes aux rebelles. Des esprits affutés ont entre autre prouvé qu’une vidéo présentant des émeutes en Syrie n’était qu’une vulgaire bagarre de rue entre étudiants jordaniens. Il faut dire que le professeur de journalisme de l’université de Doha est parti à la retraite voilà 45 ans.

À côté de cette diplomatie « douce », le Qatar n’hésite pas à recourir à des méthodes plus musclées. L’émir fait une fixation sur la paille dans l’œil de son voisin sans voir le pipeline dans le sien. C’est ainsi que les Mirages (avions de chasse français) qataris ont établi le mirage démocratique en Libye. L’émir Al Thani se rappelle probablement des leçons de l’académie militaire britannique où il a fait ses classes. Aujourd’hui, c’est la Syrie qui est dans le collimateur de la monarchie boulimique. Le Qatar soutient ouvertement les rebelles, les arme, accueille les anciens dignitaires du régime de Bachar El Assad et monte les communautés religieuses entre elles. Bien entendu, il ne s’agit pas d’instaurer la démocratie, elle-même inexistante au Qatar. Il s’agit tout d’abord d’affaiblir l’Iran, pour pouvoir à terme s’accaparer une plus grande partie des hydrocarbures communs. Ensuite, le Qatar espère briser « l’axe chiite » pour imposer le sunnisme à tout le monde arabe.

Le Revizor

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6 réponses à “Le Qatar visité au lance-flamme

  1. Les Américains semblent être assez bienveillants à l’égard des « révolutions arabes ». Au profit d’Isräel, qui dans quelques temps aura plus de grain à moudre avec ses voisins.

  2. Le tas de graisse Qatari a du succès ici-bas , les comptes se régleront la-haut.
    Etant donné que je ne crois plus au genre humain ici-bas , je préfère croire à Dieu, Lui , au moins n’a aucun réel profit à nos croyances.

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