L’Arménie ne pardonnera pas Budapest

Les manifestants arméniens brûlent le drapeau hongrois.

Le torchon brûle plus que jamais entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Un troisième pays s’implique dans le conflit larvé qui oppose les deux républiques caucasiennes : la Hongrie. Budapest a décidé de renvoyer à Bakou un militaire azéri coupable d’avoir tué à la hache un Arménien lors d’un séminaire à Budapest en 2004. Une fois rapatrié en Azerbaïdjan, le meurtrier a été immédiatement gracié par le président. Des milliers de personnes l’ont fêté dans la capitale, comme s’il s’agissait d’un héros.

Des centaines d’Arméniens se sont réunis devant l’ambassade hongroise à Erevan. Le drapeau hongrois a été incendié. Les manifestants ont lancé des œufs et des tomates en direction du bâtiment diplomatique. « Les Hongrois ont vendu leur honneur et leur conscience aux Azéris. Ils se comportent comme des prostituées ! », lâche un protestataire apparemment très remonté.

L’Arménie a annoncé hier avoir rompu ses relations diplomatiques avec la Hongrie. Erevan affirme que Budapest a commis une grave erreur. «  Le gouvernement hongrois a rapatrié le criminel pour une simple raison : l’argent. L’Azerbaïdjan est très riche en pétrole. Ils ont trouvé un accord concernant l’achat par l’Azerbaïdjan d’obligations gouvernementales hongroises pour deux à trois milliards d’euros. », explique un diplomate arménien sous le couvert de l’anonymat.

Le cas Ramil Safarov, du nom du tueur azéri fait couler beaucoup d’encre. Barack Obama lui-même s’est dit préoccupé de la décision azérie de gracier le militaire condamné à la perpétuité par Budapest.

Ramil Safarov lors de son procès à Budapest, en 2004.

En 2004, Ramil Safarov et sa victime, elle-aussi militaire, était réunies à Budapest pour une formation militaire intitulée « partenariat pour la paix ». Il va sans dire que les deux hommes n’étaient pas forcément les plus doués de la classe. L’Azéri Safarov a décapité à la hache son homologue arménien alors que celui-ci dormait.

Les deux pays s’affrontent à propos du Nagorny-Karabakh, région azérie indépendantiste proche d’Erevan. Les incidents frontaliers sont très nombreux, parfois plusieurs centaines par semaines. Les tirs de sniper sont particulièrement redoutés.

Le Revizor

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