Un génocide en Syrie? Pourquoi pas, c’est dans l’ère du temps!

Un père pose avec son enfant, mort à cause des sanctions économiques américano-britanniques.

« Ce qui se passe en Libye est à mon avis un génocide de grande ampleur« , tonne le ministre luxembourgeois des affaires étrangères. Quelques jours plus tard, l’indignation occidentale se transforme en un déluge de feu et de plomb. Le mot « génocide » est désormais servi à toutes les sauces : génocide kosovar, syrien, libyen, soudanais, bosniaque. Le terme est devenu l’insulte suprême justifiant toutes les interventions de l’impérialisme occidental.

Voyage dans le temps. Barack Obama enfile son képi de chef de guerre. Le 28 mars 2011, il s’exprime à la National Defense University, à Washington. Il explique aux futurs officiers de l’armée américaine pourquoi bombarder la Libye est nécessaire. « En Libye, à ce moment-là, nous devions faire face à des exactions sur le point d’être commises à une échelle épouvantable. » Ainsi donc, l’Occident a évité que des hypothétiques massacres ne se produisent. Par contre, le bain de sang causé par l’intervention de l’Otan, lui, s’est bel et bien produit. Les travailleurs noirs se font lyncher, les milices sèment la terreur, les islamistes ont pris le contrôle du Nord-Mali après avoir fait leurs emplettes auprès des rebelles, Kadhafi est mort sous les coups et l’ambassadeur US a péri dans les flammes… Drôle de logique.

Nouvelle escapade temporelle. Début 2009, le Sri Lanka veut remettre la main sur le nord du pays, contrôlé par les Tigres Tamouls indépendantistes. Un assaut massif est lancé. 330 000 civils s’entassent près de Mullaittivu, dans des zones de « cessez-le-feu ». Face à l’avancée de l’armée, ces zones fondent comme peau de chagrin : de 57km² début 2009, elles passent à 2,6km² en mai. L’armée sri-lankaise finit par bombarder à l’artillerie lourde chacune de ces zones. Un émissaire de l’ONU estime qu’au moins 40 000 civils ont péri. Les Tigres Tamouls ont appelé à maintes reprises les états membres de l’ONU à respecter la « responsabilité de protéger », doctrine invoquée par les USA dans la plupart de leurs invasions. Mais le monde n’a pas bougé. L’artillerie et les bombardiers sri-lankais ont fini par réduire en cendre toute velléité indépendantiste tamoule.

2009, les combattants tamouls subissent les assauts répétés de l’armée. L’artillerie et les bombardiers gouvernementaux anéantiront toute résistance.

Pourquoi cette criante iniquité de traitement ? Pourquoi un mois seulement s’est écoulé entre les premières manifestations à Benghazi et l’intervention de l’Otan ? Comment expliquer que la CPI a ouvert une enquête sur les exactions en Libye seulement quelques jours après le début du soulèvement libyen, alors qu’aucune enquête ne vise le régime barbare du Sri Lanka ? La « communauté internationale » a seulement exigé du régime de Colombo qu’il enquête sur… lui-même. Cette choquante différence de traitement est avant tout géopolitique. La Libye de Kadhafi s’opposait fermement aux visions impérialistes occidentales, préférant la collaboration avec la Chine et le reste de l’Afrique. Le Sri Lanka est par contre un proche allié des USA et des pays du Golfe. Washington compte en partie sur Colombo pour freiner l’avancée chinoise en Asie du sud-est.

Génocides constructifs ou massacres sans importance

Les États-Unis sont ivres d’arrogance. Washington souhaite garder le statut de première puissance monde. Pour les faucons de la maison blanche, tous les moyens sont bons : assassinats, invasions, embargos, guerre économique, bombardements, actes de sabotages et autres gentillesses. L’Irak est sans doute la victime la plus emblématique de l’appétit gargantuesque des États-Unis.

Début 1991, une coalition militaire regroupe 39 pays sous l’égide de Washington. L’objectif ? Libérer le Koweït de l’occupation irakienne. Près d’un million d’hommes déferlent sur l’ancienne Mésopotamie. 80 000 tonnes de bombes viennent s’abattre sur les « cibles stratégiques » du pays, soit autant que ce que l’Allemagne en a reçu durant la deuxième guerre mondiale. Une source anonyme affirmera néanmoins au Washington Post que l’objectif visé par les frappes était avant tout de détruire toutes les infrastructures vitales pour la population. Le réseau de distribution d’eau potable fut particulièrement touché. Finalement Saddam Hussein capitulera, laissant plusieurs dizaines de milliers de morts pourrir dans le désert.

1991, l’Irak est à feu et à sang.

Toute paix a un prix. L’Irak doit payer de son sang. Juste après la guerre, les USA et la Grande-Bretagne mettent au point des « sanctions de destruction massive », appelées « pétrole contre nourriture ».  L’Occident interdit à l’Irak d’importer les produits chimiques nécessaires à l’épuration de l’eau. En conséquence, les épidémies se développent, la mortalité infantile quintuple, la déshydratation devient une fatalité dans un pays jadis considéré comme moderne. Durant les treize ans que dureront les sanctions, plus de 500 000 enfants mourront à cause de la raréfaction de l’eau potable. Les responsables onusiens des affaires humanitaires pour l’Irak démissionnent les uns après les autres. Tous dénoncent un « génocide » orchestré sciemment par Washington et ses alliés. Mais personne ne s’en offusqua jamais ! Parce que la vie d’un Irakien, arabe, musulman et baasiste n’a pas d’importance aux yeux des requins de la géopolitiques US.

Finalement, les sanctions de destruction massive expireront en 2003 avec l’invasion américaine. On peut logiquement se demander si le massacre économique organisé par Washington consistait à préparer le terrain avant une nouvelle invasion. Il va de soi qu’aucun responsable américain ou britannique n’eut à rendre de compte devant la CPI. Cette dernière semble réservée aux seuls dictateurs africains, les génocidaires blancs n’ayant à rendre de comptes qu’à eux-mêmes.

Aujourd’hui la Syrie !

«Ce qui se passe depuis des jours à Homs est un génocide, avec des maisons détruites qui s’écroulent sur leurs habitants, des femmes, des enfants et des vieillards tués», affirme la rébellion syrienne basée en Turquie. Les médias de l’establishment rentrent dans le panneau. Sans avoir de correspondants sur place, ils dénoncent les exactions automatiquement attribuées aux soldats de Bachar El Assad. Déjà des « intellectuels » tels que Bernard-Henri Lévy appellent à l’intervention au nom de la « responsabilité de protéger ». L’OSDH, ONG proche de l’opposition, lance chaque jour de nouveaux chiffres fantaisistes, immédiatement repris par les médias. Homs serait un cimetière à ciel ouvert où se décomposeraient des milliers de cadavres. Les chiffres sont des armes.

La campagne de propagande menée par l’opposition fait écho aux mensonges des bandits kosovars lors des affrontements au Kosovo en 1999. Le département d’état américain avait affirmé que 500 000 kosovars albanais avaient été tués par les Serbes peu avant la lâche intervention de l’Otan. Les Américains avaient tout simplement relayé des (dés)informations fournies par les gangsters de l’UCK, la guérilla albanaise. À la fin de la guerre, « seulement » 4000 corps ont été retrouvés, dont ceux de nombreux Serbes militaires ou civils. Mais le mal était déjà fait, le Kosovo était déjà devenu une colonie de l’impérialisme occidental en terre orthodoxe.

L’Otan a installé au Kosovo un véritable état mafieux. La plupart des dirigeants actuels trempent dans de sombres histoires de trafic d’organes. Les organes ont été prélevés sur des prisonniers serbes.

Le mot « génocide » est non seulement vidé de toute substance mais il insulte la mémoire des millions de Rwandais, Arméniens, Tsiganes ou Juifs massacrés en raison de leur ethnie. Après la Libye, la Syrie pourrait être le prochain terrain de chasse des Rambo « droits de l’hommistes ». Combien de massacres commettront-ils au nom de la protection d’autrui ? Où étaient-ils lorsque les Tamouls étaient décimés ? Que regardaient-ils quand l’Irak expiait ses fautes en mourant à petit feu ? Qu’ont-ils fait pour stopper les violences en République « Démocratique » du Congo ? Quand cesseront-ils cette hypocrisie ?

Si vous attaquez la Syrie ou l’Iran, laissez-moi vous dire une chose ! Quand vous avez jugé et pendu les nazis au procès de Nuremberg, vos juristes ont défini le crime d’agression comme le crime international le plus grave, car il contient en lui tous les autres. Serez-vous des criminels aux yeux de l’Histoire ?

 

Le Revizor

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3 réponses à “Un génocide en Syrie? Pourquoi pas, c’est dans l’ère du temps!

  1. T’en a pas marre de tes articles de merde pompés sur l’AFP et retravaillés avec le niveau journalistique de Oui-Oui ?

    • Euh, il n’y a rien qui vient de l’AFP ici! Je te mets au défi de trouver une once de ce que j’écris sur le site de l’AFP. Mais merci de tes remarques constructives. Je prends note.

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