Russes et Géorgiens se tendront-ils la main?

Russes et Géorgiens s’observent, les mains vissées dans les poches. La féroce animosité laisse place à l’expectative. Tous attendent que ceux situés de l’autre côté du Caucase fassent le premier pas. L’espoir règne à nouveau, mais n’est pas teinté de naïveté. Mikheïl Saakashvili est toujours le président géorgien. La Russie considère toujours la Géorgie comme « sa zone d’intérêt privilégiée ». Les élections législatives qui ont amené l’opposition géorgienne au pouvoir sont synonymes d’évolution, pas de révolution.

« Je réserve ma première visite à Washington. Les États-Unis sont notre principal partenaire et ami » a d’ores et déjà affirmé Bidzina Ivanishvili, le leader de la coalition « Rêve Géorgien », grande gagnante des élections. Le ministre géorgien des affaires étrangères a surenchéri : « les relations stratégiques avec les États-Unis doivent être sauvegardées pour le développement et l’unité de la Géorgie. Nos relations avec Washington nous garantissent la liberté, le respect et l’intégrité du territoire national », a déclaré Grigol Vashadze, le ministre géorgien des affaires étrangères.

Contrairement à ce qu’annonçait le président Saakashvili, il n’y aura donc pas de marche forcée vers la Russie. Ivanishvili n’a jamais caché ses ambitions euro-atlantistes. Sa victoire aux législatives ne bouleversera pas tout, même s’il dit opter « pour un rééquilibrage » avec Moscou.

Les relations avec Moscou étaient au centre de la campagne électorale. Mikheïl Saakashvili et son Mouvement National Uni entretenaient la psychose héritée des conflits avec la Russie. Bidzina Ivanishvili et le « Rêve Géorgien » affirment qu’un petit pays ne peut que voir son développement freiné s’il n’entretient pas de bons contacts avec un voisin aussi puissant que la Russie. Finalement, c’est l’aile pragmatique de la population géorgienne qui l’a emporté sur celle enfermée dans des carcans idéologiques.

Moscou dans l’expectative

Du côté du Kremlin, on semble se réjouir de voir Saakashvili enfin perdre une élection. Les experts de Moscou espéraient que le peuple géorgien se soulève en masse contre son président suite à la cuisante défaite lors de la guerre de 2008. C’est le contraire qui c’était passé, le peuple se soudant derrière son leader, toujours prompt à se présenter en victime.

Le premier ministre russe Dmitri Medvedev n’a pas tardé à réagir. « Les informations sur les résultats du vote témoignent que ce peuple caucasien aspire aux changements. Si ces résultats sont confirmés, le paysage politique géorgien sera plus diversifié. C’est une chose à saluer, car ceci pourrait signifier que le parlement de ce pays accueillera des forces plus constructives et responsables ».

Le porte-parole de la diplomatie russe, Alexandre Loukachevitch, confirme que ces élections sont porteuses d’espoir pour la Russie. « À Moscou, nous espérons tous que la victoire de l’opposition poussera Tbilissi à normaliser ses relations avec ses voisins. »

Le Revizor

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