La Turquie est sur le pied de guerre

La Turquie est une puissance militaire à laquelle il vaut mieux éviter de se frotter.

Qui veut la paix prépare la guerre, dit l’adage. La Turquie masse ses forces à la frontières syrienne suite au bombardement de la ville turque d’Akçakale. Le chef d’état major est venu d’Ankara pour inspecter les troupes dans les zones frontalières. Les civils d’Akçakale ont reçu un ordre d’évacuation. Le parlement donne son feu vert si l’armée juge nécessaire d’intervenir en Syrie. Analyse.

À Ankara, les généraux frémissent d’excitation ! Désormais, la deuxième armée de l’Otan va pouvoir déverser son déluge de plomb sur d’autres personnes que sur les quelques Kurdes occupés à surveiller leurs moutons dans les montagnes. La Turquie se prépare à un conflit armé avec la Syrie voisine. Les signes sont de plus en plus clairs, les circonstances sont parfaites et le prétexte n’attend qu’à sortir d’un tube d’artillerie.

Premier indice qui laisse à penser que la Turquie s’apprête à attaquer la Syrie : tous les civils vivant dans la ville frontalière d’Akçakale ont été évacués. Les ordres d’évacuation ont été remis par la police. Un habitant de la ville touchée par des obus syriens la semaine passée s’exprime. « Je vis juste à côté de la frontière. Là, c’est ma maison. J’entends des explosions depuis ma maison. Les bombes explosent à un kilomètre d’ici, en Syrie. On évacue cette zone et on déménage vers les villages voisins ».

Second élément révélateur : la visite du chef d’état-major dans les régions proches de la Syrie. Le général Necdet Özel a inspecté les nombreuses troupes déployées à la frontière. Depuis six jours, ses forces et des hommes armés en Syrie s’expliquent à coups de canon. Le parlement turc a d’ores et déjà autorité le général Özel a fait usage de la force contre la Syrie dès qu’il l’estime nécessaire.

Le chef d’état-major turc visite les zones proches de la Syrie.

La Turquie annonce par ailleurs envoyer 25 avions de chasse F-16 à Diyarbakir, à seulement 100km de la Syrie. Les officiels turcs expliquent que ces engins de mort ont été transférés là pour combattre « le terrorisme kurde ». À Akçakale et Suruç, des témoins affirment avoir vu des trains transportant un nombre considérable de véhicules blindés. Toujours à Akçakale, l’armée turque a déployé des pièces d’artillerie visant ostensiblement la Syrie. Toutes ces armes sont-elles également destinées aux farouches guerriers kurdes ?!?

Autre torche pointant les préparatifs militaires d’Ankara, l’implication accrue de l’Otan. Jusqu’alors, l’alliance militaire se tenait plus ou moins éloignée du conflit syrien. Le but ? Laisser penser que l’Otan n’est pas une relique du passé qui se cherche des ennemis pour exister. Cependant, les clauses prévues par le traité de Washington stipulent que les états membres doivent être prêts à se porter assistance dès lors qu’un autre état membre se verrait attaqué. Les récentes déclarations du secrétaire général de l’Otan, le Danois Anders Fogh Rasmussen, démontrent que l’Otan bande les muscles : « nous avons déjà conçu tous les plans pour défendre la Turquie si nécessaire ».

Damas dans le viseur

Des obus se sont abattus à maintes reprises sur la ville turque d’Akçakale, située sur la frontière avec la Syrie. Plusieurs civils ont été tués. La Turquie a immédiatement répondu par des tirs d’artillerie. L’armée fidèle au pouvoir de Bachar El-Assad a immédiatement été pointée du doigt, alors que la localité syrienne juste à côté est contrôlée par les rebelles.

Le Conseil National Syrien (CNS, regroupe une grande partie de l’opposition), a immédiatement accusé Bachar El Assad de vouloir « exporter la crise syrienne ». Cette accusation est plutôt surprenante, quand on sait que le CNS demande fréquemment une intervention étrangère, que son siège est situé à Istanbul et qu’il redistribue à l’ASL les armes livrées par les Occidentaux et les pays du Golfe. Damas aurait « présenté ses excuses » pour la mort des civils turcs via l’ONU.

La thèse d’une attaque délibérée de la Syrie paraît peu probable. Deux hypothèses paraissent plus crédibles. La première, les soldats de Bachar El Assad tirent, mais leurs obus tombent un peu plus loin que prévu. Ce serait malheureux : par les temps qui courent, ils ont l’occasion de se faire la main. Deuxième hypothèse : l’ASL s’en prend délibérément à la Turquie dans le but de pousser Ankara à attaquer le régime de Bachar El Assad. Cette hypothèse n’a par malheur jamais été prise en compte par les médias et la classe politique. Pourtant, il est prouvé que l’ASL ne détient pas uniquement de sarbacanes et des lance-pierres dans ses arsenaux. Les rebelles disposent d’armes lourdes, capables de détruire un blindé, un hélicoptère et même un avion.

La Syrie d’El Assad n’a nullement intérêt à s’attirer les foudres de l’ogre turc. Son armée est aux prises avec  l’insurrection. Même en temps de paix, l’armée syrienne ne fait pas le poids face aux Turcs. Ankara aligne la deuxième armée de l’Otan, avec près d’un million d’hommes et de 400 avions. Que peut faire une armée dotée d’équipements obsolètes face à des cohortes équipées selon les hauts-standards de l’Otan ? Rien, si ce n’est mourir ou fuir.

La situation actuelle est plus que dangereuse. La Syrie et l’Iran sont liés par un pacte d’assistance militaire. La Turquie jouit du soutien de l’Otan. Israël enrage contre Téhéran. Le Hezbollah libanais attend son heure. Le Qatar, voisin de l’Iran, suscitera-t-il la colère de Téhéran à force de soutenir la révolution syrienne? La Russie laissera-t-elle filer sa dernière base navale en Méditerranée ? Les trouffions va-t’en guerre qui peuplent nos espaces médiatiques comprennent-ils vraiment les enjeux de ce qu’ils appellent « la crise syrienne » ?

 

Le Revizor

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6 réponses à “La Turquie est sur le pied de guerre

  1. Pas de panique! C’est pour la consommation intérieure! Faire semblant que l’on défend son pays en cas d’attaque! Il n’est absolument pas dans l’intérêt de la Turquie de s’engager dans une
    guerre qui la mettra à genou. Elle le sait.
    – Une opposition intérieure de 60% est contre
    – Son niveau économique ne le permet pas
    – Une opposition armée Kurdes farouche
    – l’Otan ne donnera pas son accord
    – L’Otan ne s’y aventurera jamais
    – La Turquie ne s’engagera pas seule
    – Les conséquences seraient catastrophiques d’abord pour la Turquie
    – La Turquie est négligeable et n’est pas un enjeu d’importance pour être la cause d’une guerre mondiale

    guerre avec la Syrie

      • qu est que t en connais de la TURQUIE toi déjà abruiti vaa on est largement capable d afronter la terre entier si il le faut maintenat ferme ta guelle avant que un TURC t eclate les fesses!!! fils de pute

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