Tableau mortifère d’une Europe en lambeaux

Les nationalistes flamands sont les grands vainqueurs des élections municipales belges. Leur leader, Bart De Wever, parle d’ores et déjà de confédéralisme.

L’Europe nobélisée est au bord du gouffre. Le séparatisme gronde en Belgique, en Espagne, en France, en Grande-Bretagne, en Roumanie et en Slovaquie. L’Union Européenne se dirige-t-elle vers un modèle féodal, où les micro-états pulluleraient autant que des mouches sur les cadavres des états disparus? Quelle Europe pour demain ?

« C’est désormais aux Écossais de prendre une décision historique. L’avenir même de l’Écosse dépend de leur verdict », concède le premier ministre britannique David Cameron. Le conservateur vient de signer un accord historique avec Édimbourg, prévoyant un référendum sur l’indépendance. La province britannique avait été annexée par la Couronne britannique en 1707. Les revendications indépendantistes écossaises n’ont depuis lors jamais cessé.

Dès 2014, l’Écosse se choisira peut-être un avenir propre. À Édimbourg, on se demande déjà comment gérer le divorce.

Même son de cloche en Belgique. Hier, la NV-A des nationalistes flamands a remporté la mise lors des élections municipales et provinciales. Le charismatique Bart De Wever, ennemi juré de la Belgique unie, est couronné bourgmestre d’Anvers, la plus grande ville flamande. Il met fin à plusieurs décennies de domination socialiste. À un contradicteur qui lui disait que la Flandre n’était pas amène à devenir indépendante, il a rétorqué : « c’est une nation, monsieur. C’est un peuple, une Communauté, une démocratie. On a un territoire, une histoire et des valeurs communes. C’est donc une nation ». Le pays est toujours sous tension, alors que les nationalistes flamands ne semblent jamais satisfaits des réformes concédées par la partie francophone du pays.

Le pays le plus malmené par le séparatisme est sans contestation possible l’Espagne. Les revendications catalanes ont pris de l’ampleur, alors que l’ETA a (momentanément ?) déposé les armes. En septembre, un million et demi de personnes avaient défilé à Madrid pour réclamer la rupture avec Madrid. Un référendum d’auto-détermination est envisagé après les élections régionales de novembre. Madrid ne l’entend pas de cette oreille. Alejo Vidal-Qadras, un des vice-présidents du parlement avait affirmé vouloir « envoyer la garde nationale en Catalogne en cas de référendum sur l’indépendance ».  Bientôt une répétition de Prague 68 à Barcelone ?

En Roumanie, l’opinion publique s’insurge fréquemment contre les flagrantes ingérences de Budapest. La Hongrie distribue des passeports aux Magyars roumains vivant principalement dans le nord du pays. Les nationalistes hongrois défilent souvent dans les rues, appelant à une plus grande autonomie, voire à l’indépendance pure et simple. L’UE reste étonnement sourde aux excentricités du gouvernement de Viktor Orban.

En Hongrie, les mouvements fascistes prolifèrent. Ils appellent à la reconstitution de la « Grande Hongrie ». Les militants font ouvertement la chasse aux tsiganes, avec la complicité passive des autorités.

Le même problème se répète en Slovaquie, où une importante minorité (10% de la population totale) est concentrée dans le sud du pays, à la frontière hongroise. Des nationalistes issus des deux ethnies s’affrontent régulièrement, lors d’occasions aussi diverses que des matchs de football ou des visites guidées dans le centre de Bratislava. En 2009, le parlement slovaque avait même interdit au président hongrois de visiter les minorités magyares sur le sol slovaque. Bratislava accuse la Hongrie de pousser les Magyars à l’irrédentisme. De son côté, la Hongrie remet perpétuellement en cause les « décrets Benes », qui avaient stigmatisés les Magyars au sortir de la seconde guerre mondiale.

Le Revizor

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22 réponses à “Tableau mortifère d’une Europe en lambeaux

  1. Un prix Nobel de la paix pour mieux dynamiter l’Europe qui pour l’amour de la paix dans le monde affame les peuples par des sanctions injustes.

    • Vous faites référence à l’Iran ou à l’Irak de Saddam, je présume? Je pense que les pères fondateurs de l’UE méritaient ce prix… L’UE en elle-même, je doute.

      • La Syrie, le soudan. Si le prix avait été décerné aux fondateurs dont la vision était pour plus de prospérité et de paix dans le monde mondiales ça aurait été favorablement accueilli. Mais à l’institution, est un parjure

      • Je pense que tout le monde l’a perçu ainsi, du moins ceux qui ont un minimum d’honnêteté. Le président tchèque a eu une réaction géniale 🙂

  2. La Hongrie du sieur Orban est un modèle en matière de justeté. Enfin un Ordre légitime pour les hommes.

  3. Heureux de savoir que les commentaires précédents de ton lectorat au quotient intellectuel désertique (du premier youtro-gauchiste mondain au dernier bâtard décérébré) te ravissent.

  4. Et puis, si vous n’étiez pas aussi obnubilé et aveuglé par ce faux combat qu’est l’antifascisme (que les médias ont tout intérêt à mettre en exergue), vous sauriez que le Fidesz n’a aucune parenté évidente avec le Jobbik. A quoi bon, dés lors, parler d’excentricités?

    • Aucune parenté évidente? Et tu as appris ça où? Sur le site de Marine Le Pen? Plusieurs reportages démontrent les connivences entre le Jobbik et le Fidesz.

  5. Je ne partage pas les « idées » de Marine Le Pen. Des reportages… C’est malin hein, comme réponse. N’importe quelle folasse te dira que les reportages de France 2 et TF1 attestent des massacres orchestrés par le régime syrien. Et pourtant.

    Les réformes adoptées par l’administration d’Orban; qui ont atteint leur point d’orgue en janvier dernier, avec l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution, sont véhément décriées par le Jobbik. Et pour cause, ils accusent le Fidesz de durcir le pouvoir exécutif afin de pouvoir réprimer au mieux les groupes nationalistes.

    • Ces reportages ne viennent pas d’occident. J’en ai vu deux en roumain et lu un en russe. Fidesz et Jobbik restent des adversaires politiques, mais ils ont le même fond de commerce idéologique. Haine des tsiganes, nationalisme, récupération de la « grande Hongrie », etc.

  6. Quant à l’Europe, elle s’insurge. Trois procédures d’infraction ont été ouvertes. Barroso et Schulz sont aux auguets. Au-delà des contingences sociétales, il faut savoir qu’Orban a repris en main les rênes de la Banque Hongroise. C’est désormais le premier ministre et non plus le président de la Banque Européenne qui désigne ses hautes sphères. La voilà, la raison essentielle de l’indignation des euro-technocrates!

    • C’est un point de vue intéressant, je dois le reconnaître. Je partage ton analyse sur la banque centrale. Mais pour suivre l’Europe de l’est et les Balkans de très près, je sais que la plupart des états voisins de la Hongrie ont des reproches à faire à Orban et à sa clique. Ceux-ci sont justifiés. Et klub radio, tu en penses quoi?

  7. Rapport de cause à effet: il militait dans sa jeunesse contre le régime communiste.

    Je m’en contre-fiche. Tout cela est contingent et nous n’avons pas à nous occuper des contingences! Je dirai juste que si les médias sont actuellement placés sous la tutelle d’un Conseil, lui même dirigé par un proche du premier ministre, en France, Sarkozy élisait directement les patrons de France télévision.

    Pour en revenir à la Banque, en 58, de Gaulle fit la même chose en instaurant une nouvelle constitution tandis que la gauche, défilait, ululant « Non au Fascisme » et traîtant de « Duce » et « Caudillo » celui qui, pourtant, avait à la fois copieusement combattu le national-socialisme et le faisceau.

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