Israël: les Palestiniens à l’ONU? Pour quoi faire?!?

Nous nous sommes déjà tous demandé pourquoi Israël s’oppose à une reconnaissance (même partielle) de la Palestine par l’ONU. « Mais quel est donc le problème », vous esclaffez-vous, la bouche plein de chips, vissé sur votre canapé. Certains journalistes vous répondront que la Palestine pourra saisir la justice internationale. Pourtant, tout le monde sait qu’Israël a autant de considération pour cette « justice » que pour ses immigrés africains. Non, la réponse est ailleurs.

L’état d’Israël agit comme s’il était seul au monde. Déjà, en 1947, lors du partage de la Palestine par l’ONU, les Palestiniens n’ont pas été consultés. Après tout, « ces tribus de paysans n’ont même pas été capables de faire fleurir la terre sainte ». Les sionistes ont jeté leur dévolu sur la Palestine comme s’il s’agissait d’une terre libre de toute implantation humaine. Alors que Staline leur avait gracieusement offert le Birobidjan, un état quasi-indépendant situé face à la Chine. Le petit père du peuple voulait avant tout protéger les Juifs de la furie antisémite qui grondait en Europe.

Une fois l’état d’Israël créé (1948), les colonisateurs ont entrepris de décrédibiliser la majorité arabe de Palestine (70% de la population pour 94% à l’arrivée des Britanniques en 1920). La rhétorique de Ben Gourion et de ses sinistres complices était la suivante. « Ils ne veulent pas de nous. Nous allons être victimes d’un nouveau génocide, comme celui que vous, Européens, avez commis. Ils nient jusqu’à notre droit d’exister. » Les Arabes n’ont jamais nié que les Juifs ont le droit à la vie. Ils nient le droit à l’existence d’un état juif raciste et sectaire sur leurs terres. Quoiqu’il en soit, les sionistes ont entrepris de chasser les Palestiniens de leurs terres dès 1948. C’est la Nakba, la « catastrophe ». Huit-cent milles Arabes durent quitter leur foyer, soit les deux tiers de la population ! Hitler en aurait pâli de jalousie. Pour convaincre les Palestiniens qu’il vaut mieux trouver refuge ailleurs, les sionistes n’ont pas hésité à accomplir d’épouvantables forfaits, comme celui le massacre de Deir Yassine. 254 villageois ont été tués d’une façon qui donnerait la nausée à un médecin légiste. Menahim Begin, futur premier ministre de Tel-Aviv, commandait les mercenaires qui ont massacré toute la population de ce village.

Auschwitz, Dachau ? Non, Deir Yassine, Palestine!

Passé 1948, les dés étaient jetés. Les sionistes et leur projet de grand Israël pouvaient grandir comme une pustule sur le front du monde arabe et musulman. Pour cela, il faut évidemment éviter que la « communauté internationale » ne considère les Palestiniens comme des victimes. Le statut de victime est le saint-graal de l’état juif, son meilleur système anti-missiles, son argument diplomatique le plus percutant. Si le statut de victime est réservé à Israël, que donner aux Palestiniens ? Celui d’agresseur ? C’est difficilement faisable, même avec une bonne dose de cynisme et un Steven Spielberg plus que brillant. Dès lors, il faut priver les Palestiniens… de tout statut !

C’est ce qu’il se passe depuis l’indépendance d’Israël. Au début, alors que la résistance palestinienne n’existait pas, Israël qualifiait les Palestiniens de « réfugiés arabes, Transjordaniens, Libanais, Syriens ou Égyptiens ». En 1964, vient l’éclosion de l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine). Les Palestiniens ne lient plus leur sort au bon vouloir arabe, ils prennent leur destin en mains, par les armes si nécessaires. Israël les taxe immédiatement de terroristes. « Aucun dialogue n’est possible tant que les Palestiniens ne renoncent pas à la violence », affirment les officiels. En attendant, Israël peut continuer ses projets guerriers. En 1956, Israël agresse l’Égypte nassérienne en compagnie des Français et des Britanniques pour garder le contrôle du canal de Suez. En 1967, Tel-Aviv met en déroute les armées arabes. En 1973, la situation n’est sauvée que grâce à l’aide américaine. En 1982, Israël envahit le Liban. Sans parler des innombrables agressions au sein même du territoire de la « Palestine historique ». La liste est longue. D’autres tueries s’y ajouteront.

En 2006, Israël vient se rappeler au triste souvenir des Libanais.

Pour contrer l’OLP de Yasser Arafat, Israël a encouragé l’émergence de mouvements extrémistes tels que le Hamas ou le Jihad Islamique. Boutros-Ghali, ancien ministre égyptien des affaires étrangères, appuie cette thèse. « Je leur disais qu’ils ne trouveront jamais plus modéré qu’Arafat. Ils n’en avaient cure, ils ne voulaient pas discuter avec l’OLP. Les Israéliens ont alors soutenu l’émergence du Hamas ». De fait, le Hamas voit le jour en 1987 avec pour objectif : la destruction d’Israël. Pari manqué pour Tel-Aviv, qui a fait ce que les Américains ont fait avec les talibans afghans lors de la guerre contre les Soviétiques.

Alors que les territoires « généreusement accordés » aux Palestiniens fondent comme peau de chagrin, Israël continue à nier leur existence. Tel-Aviv a finalement accepté de négocier avec Arafat. Mais les accords auxquels ils sont parvenus (accords d’Oslo) ne seront JAMAIS respectés. Les colons avancent toujours plus loin, broyant de bien malheureuses existences sur leur passage. Les Palestiniens n’ont aujourd’hui plus que 22% du territoire historique. Et encore… l’armée israélienne multiplie les incursions et les barrages. De plus, la barrière de sécurité en Cisjordanie empiète sur le territoire palestinien déjà étriqué.

Aujourd’hui, le Hamas endosse le rôle de l’OLP des années 60-90. « Aucun dialogue n’est possible avec cette organisation terroriste qui nie le droit d’Israël à exister ». De fait, le Hamas est un groupuscule radical peu recommandable et enclin à la violence. Mais comment pourrait-il en être autrement après plus de 60 ans d’occupation ? De plus, la résistance palestinienne nie le droit d’Israël à exister, mais principalement par des mots destinés à enflammer la rue. Israël nie le droit des Arabes à exister par des balles, des bombes au phosphore blanc et des tanks.

Le Hamas est arrivé au pouvoir démocratiquement lors d’un scrutin tenu en 2006. Tous les observateurs étrangers l’ont reconnu. Pourtant, Israël, l’UE et les USA ne veulent pas entendre parler de dialogue avec le Hamas. Les Arabes n’auraient-ils le droit d’exprimer leurs convictions seulement quand elles sont en accord avec les projets occidentaux dans le monde arabe ? C’est du moins ce que cela suppose. Mais Israël va plus loin que la simple rupture avec le représentant légitime du peuple palestinien. Tel-Aviv dit qu’Abbas (Fatah, OLP, Cisjordanie) doit choisir entre la paix avec Israël et le Hamas. Diviser pour mieux régner…

Le Revizor

7 réponses à “Israël: les Palestiniens à l’ONU? Pour quoi faire?!?

  1. Je n’ai pas lu encore à tête reposée votre texte mais deux points ici :
    Israël pourra saisir un tribunal international .. la réponse :
    Condition numer one: s’engager à ne pas faire appliquer la justice internationale contre Israël.

    Nidal (@nidal) a posté un nouveau billet
    http://seenthis.net/messages/100036
    Condition numer one: s’engager à ne pas faire appliquer la justice internationale contre Israël.
    http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20121128.REU1731/berlin-dit-non-au-statut-de-la-palestine-londres-hesite.html

    ❝William Hague a émis une seconde condition: que les Palestiniens ne poursuivent pas Israël devant la Cour pénale internationale (CPI).❞
    ____________
    En favorisant des opposants à Arafat.. Israël venait d’inventer une nouvelle manière de faire la guerre pour ensuite crier dans les chaumières.
    Nous connaissons bien le système Al Qaïda pour créer un problème et venir en bon samaritain :
    1/ Afghanistan,
    2/ Tchétchénie,
    3/ Le Kosovo,
    4/ La Libye,
    5/ La Syrie,
    6/ Et le Mali..A suivre

    • Il va de soi que Britanniques et Américains feront tout pour protéger leurs petits-amis. Tout ça alors qu’ils sont les premiers coupables. Tout à fait d’accord avec la deuxième partie du commentaire.

  2. Pingback: Israël : les Palestiniens à l’ONU ? Pour quoi faire ?!? · Sionisme ,notre ennemi à tous . . .·

  3. Je ne crois pas que se soit une si bonne nouvelle. Mais plutôt un truc pour faire attendre le peuple palestinien. Israel ne lâchera jamais sa proie. Le grand Israel a besoin de Gaza et des colonies, il y a du gaz et des matières premières précieuses. C’est juste pour calmer les gens et faire plaisir mais à la fin Israel reprendra la main de gré ou de force.

    • Israël n’a jamais perdu la main… Je ne vois que trois issues possibles.

      1) La première, les frustrations poussent la majorité des Palestiniens sur les chemins de l’exil. Israël finit par annexer toute la Cisjordanie, reste Gaza qui vivote. Solution la plus probable selon moi.
      2) Victoire palestinienne grâce à la démographie. Le nombre de musulmans dépasse celui de juifs en Israël. Voie du compromis.
      3) Intervention armée des pays arabes pour contraindre Israël à la multi-culturatité. Peu probable, quoiqu’il faut suivre l’évolution de l’Egypte.

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