Venezuela: la chute de Chavez accordera-t-elle un second souffle à l’hégémonie américaine?

Simple au revoir ou adieu?

Simple au revoir ou adieu?

Le président Vénézuélien Hugo Chavez a annoncé que son cancer gagnait du terrain. Le charismatique leader prépare d’ores et déjà sa succession en appelant le peuple à s’unir autour de Nicolas Maduro, son vice-président. Au cas où la coqueluche de la gauche sud-américaine devait passer la main, c’est tout l’axe de résistance à l’impérialisme qui se fissurerait.

« Si quelque chose arrivait qui me fasse déclarer inapte de quelque manière, Nicolas Maduro est en situation d’assumer, comme l’impose la Constitution, la période d’intérim avant la convocation de nouvelles élections. Vous élirez Maduro président de la République si vous agissez selon mon sentiment », a déclaré Hugo Chavez, déjà en route vers Cuba où il subira une opération.

Cela peut susciter de nombreuses inquiétudes auprès de tous ceux qui aspirent à un monde débarrassé de l’unilatéralisme américain ou simplement occidental. Le Venezuela est un phare qui guide certains pays vers la voie de la résistance. En Amérique du sud, la révolution bolivarienne d’Hugo Chavez a fait tache d’huile : le Pérou et la Bolivie suivent l’exemple. L’Uruguay, avec son président réputé « le plus pauvre au monde », pourrait lui aussi basculer dans ce que certains à l’UMP appelleraient « une gauche décomplexée ». En Amérique latine, la résistance à l’hégémonie américaine est clairement ancrée aux côtés de Karl Marx.

Le système patiemment bâti par Chavez risque de s’effondrer de lui-même. Hyper personnalisé, il fonctionne à merveille tant que le sémillant président est au meilleur de sa forme. Chaque discours incendiaire, chaque pauvre sorti de la misère, chaque avancée sociale est une flèche qu’il range dans son carquois. Mais si le leader vacille, c’est tout le système qui craquèle. Le Parti Socialiste Unifié du Venezuela, tanière des Chavistes, pourrait ne pas résister aux assauts répétés d’une opposition ouvertement soutenue par les grands propriétaires terriens, les États-Unis et la haute bourgeoisie.

La légitimité démocratique du PSUV pourrait même être remise en cause. Hugo Chavez a réélu président pour la quatrième fois alors qu’il souffrait déjà d’un cancer. Pour les besoins de la campagne, la gravité du cancer dont souffre Chavez a été minimisée. « Si je ne me sentais pas la force de gouverner six ans de plus je ne serais pas là. Nous allons d’ailleurs travailler à un rythme accéléré », avait même déclaré Chavez. Or, il n’est pas certain qu’un autre candidat du PSUV aurait pu l’emporter face à Henrique Capriles, unique candidat d’une opposition unifiée.

Si le Venezuela chaviste venait à tomber, beaucoup de pays se verront fragilisés. Le pétrole vénézuélien abreuve Cuba, la Biélorussie (qui tente de ne pas se limiter aux hydrocarbures russes), la Chine ainsi que les pays du Mercosur (zone de libre-échange regroupant cinq états sud-américains). L’Iran perdrait un soutien dans sa lutte contre les sanctions internationales. La Russie pourrait perdre son meilleur relais en Amérique du sud. Les seuls pays qui y gagneraient seraient les États-Unis et la Colombie. Washington serait débarrassé d’un trouble-fête qui n’hésite pas à critiquer les tentatives américaines pour maintenir l’Amérique latine dans une situation de dépendance. La Colombie pourrait continuer à s’acharner contre les guérillas paysannes, soutenues selon elle par le Venezuela.

Vous l’avez compris, les temps sont durs pour les héritiers du Mouvement des Non-Alignés cher à Nasser, Nehru ou Tito. La Jamahiriya libyenne du colonel Kadhafi n’est plus. La Syrie de Bachar El-Assad s’enfonce dans une guerre civile qui chaque jour nous offre son lot d’horreurs. L’Égypte reste sous tutelle américaine. La Serbie a été émasculée en perdant le Kosovo. L’Iran s’enfonce dans une crise économique sans précédent. L’Irak a été dépecé et jeté en pâture aux groupes pétroliers occidentaux. Les BRICS (Brésil-Russie-Inde-Chine-Afrique du sud) ne parviennent pas à aller plus loin que les simples déclarations de principe. Une défection du Venezuela serait un sacré coup dur.

 

Le Revizor

8 réponses à “Venezuela: la chute de Chavez accordera-t-elle un second souffle à l’hégémonie américaine?

  1. Si Chavez venait à décéder, on assistera sans doute à un lot d’alliances inédites. Que les chavezistes aient ça à l’esprit: il n’y a aucun compromis à faire avec la subervsion, car cela signifierait se condamner à être totalement vaincu dès demain.

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