Les universités turques en voie d’islamisation

L'intégration européenne ne semble pas être la priorité de l'actuel gouvernement turc.

L’intégration européenne ne semble pas être la priorité de l’actuel gouvernement turc.

Le régime islamo-conservateur d’Ankara ronge encore un peu plus la laïcité qui caractérise la Turquie depuis Mustafa Kemal. Dès l’an prochain, l’examen d’entrée dans les universités du pays comporteront un volet consacré à la religion. Cette réforme entre dans le programme du parti de la Justice et du Développement du premier ministre Erdogan. Ce dernier avait déclaré en février vouloir « éduquer une jeunesse religieuse ».

Les étudiants voulant intégrer des facultés aussi diverses que celles d’économie, de droit, de sciences ou de médecine devront répondre à cinq questions sur la religion. Ceux qui se dirigent vers les sciences sociales se verront confrontés à huit questions. « C’est la première fois que la religion apparaît dans les examens d’entrée pour l’université », a déclaré un officiel sous couvert de l’anonymat. Rappelons que dans ce pays à majorité musulmane, les cours de religion sont obligatoires dans les écoles publiques.

En Turquie, 99% de la population est musulmane d’obédience sunnite. Mais quel sort le gouvernement réserve-t-il aux chrétiens, aux chiites et aux juifs ? Une question qui semble peu intéresser Erdogan et son gouvernement. L’opposition laïque accuse sans cesse le pouvoir « d’islamiser » le pays de manière rampante.

Beaucoup de restaurants refusent d’ores et déjà de servir de l’alcool ou du porc durant le mois du Ramadan. Le gouvernement turc a également publié une loi autorisant les diplômés des écoles religieuses à entrer dans n’importe quelle faculté universitaire. Avant, ces étudiants religieux devaient se contenter de la théologie.

« La séparation des pouvoirs est le plus gros problème de la Turquie »

Erdogan, intronisé calife à la place du calife en 2003, souhaite voir ses pouvoirs considérablement élargis. Pour preuve, cette déclaration tenue le 17 décembre. « La séparation des pouvoirs, à savoir l’exécutif, le législatif et le judiciaire, est le principal problème de la Turquie. Cela a empêché notre gouvernement de mettre en œuvre beaucoup d’autres programmes. »

Pourtant, on peut douter du fait que les pouvoirs soient réellement séparés en Turquie. En témoignent le nombre de journalistes kurdes ou arméniens qui croupissent dans les geôles turques dans l’indifférence occidentale. Avec 76 journalistes emprisonnés, le pays détient actuellement un triste record mondial. De quoi faire pâlir de jalousie l’Iran, le Pakistan, l’Érythrée ou la Corée du Nord. Oups, non, pardon, les journalistes nord-coréens sont directement exécutés. Question de logistique.

Erdogan et son parti l’AKP souhaitent depuis longtemps abolir le régime parlementaire turc. L’objectif est d’instaurer un pouvoir présidentiel qu’on devine autoritaire. Nul doute que l’UE et l’Otan fermeront une fois de plus les yeux, au nom de leurs intérêts stratégiques aux Proche et Moyen-Orient.

Le Revizor

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