Malouines: le Royaume-Uni et l’Argentine se livrent une guerre… médiatique!

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Il est à la mode de se disputer pour quelques cailloux perdus en pleine mer. Argentins et Britanniques en savent quelque chose. Buenos Aires demande à Londres de lui restituer les îles Malouines (Falklands pour les Britanniques), colonisées par l’Empire Britannique au 18ème siècle. De nouvelles provocations médiatiques font craindre l’escalade.

C’est le sulfureux tabloïde britannique « The Sun » qui a en premier jeté de l’huile sur le feu. Le journal du groupe Murdoch a acheté de l’espace publicitaire au sein du journal « Buenos Aires Herald », publié dans la langue de George W. Bush, ce brillant poète. Jusque-là, rien de grave me direz-vous. Sauf qu’évidemment, le tabloïde britannique ne souhaitait pas vanter la qualité du tweed londonien ou la médiocrité de la cuisine d’Outre-Manche. Le journal s’est lancé dans une longue diatribe soulignant les droits de la Reine sur les îles Malouines et termine son texte par « bas les pattes » !

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« Il y a trente et un ans, l’Argentine a envahi les îles Falklands causant la mort de 255 soldats britanniques, de 649 soldats argentins et de 3 civils. Cette agression était en porte-à-faux direct avec la résolution des Nations Unies concernant l’autodétermination des peuples. Les habitants des Falklands ont choisi de rester britanniques. L’auto-détermination est un droit fondamental pour tous les peuples. Les clameurs argentines selon lesquelles l’Argentine a été dépossédée des Falklands il y a 180 ans sont totalement infondées »,  soutient notamment le journal londonien accroc à la provocation.

La riposte argentine 

Évidemment, le sang des Argentins n’a fait qu’un tour. Les manifestations se sont succédé à Buenos Aires, des exemplaires du « Sun » et du drapeau du Royaume-Uni ont été incendiés. Les choses ont été encore plus loin. La présidente argentine, Cristina Kirchner a elle aussi acheté de l’espace publicitaire dans un quotidien britannique, à savoir « The Guardian ». Elle y a publié une lettre adressée au premier ministre David Cameron. La présidente argentine lui demande de renoncer au colonialisme et de respecter les décisions des Nations Unies concernant la colonisation.

Cristina Kirchner, veuve de l'ancien président Nestor Kirchner, est une fervente partisane des Malouines argentines.

Cristina Kirchner, veuve de l’ancien président Nestor Kirchner, est une fervente partisane des Malouines argentines.

« Il y a exactement 180 ans, l’Argentine a été forcée d’abandonner les îles Malouines suite au colonialisme du 19ème siècle. Londres a pris le contrôle de territoire loin de 14 000km ! Les Argentins ont été expulsés par les forces armées britanniques. Le Royaume-Uni a alors commencé une colonisation de peuplement appliquée dans tous les territoires placés sous contrôles de la Couronne », dit la lettre écrite par la présidente argentine.

Un conflit pluri-centenaire

Globalement, le colonialisme est mort dans les années 1960. Seuls subsistent quelques anachronismes parmi lesquels Israël, l’Irlande du nord et… les Malouines ! Passées par les mains des Français et des Espagnols, les îles tomberont rapidement dans le giron britannique, en 1833. L’Argentine, indépendante depuis 1816, ne cesse de réclamer leur retour.

En 1982, le régime militaire de Buenos Aires lance une offensive destinée à arracher les îles des mains britanniques. Margaret Thatcher contre-attaque et parvient sans mal à reprendre le contrôle des îlots qui n’abritent qu’un peu plus de 3000 habitants. Aujourd’hui, le Royaume-Uni maintient quatre navires de guerre, quatre bombardiers et une garnison de mille hommes sur les îles disputées. Le prince William, engagé dans l’armée, avait suscité le courroux des Argentins en se rendant aux Malouines en février dernier.

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David Cameron et Cristina Kirchner s’étaient affrontés lors du sommet du G20 qui s’est tenu l’an passé au Mexique. Kirchner avait exigé de Cameron qu’ils rouvrent les négociations concernant le statut final des îles. Le premier ministre britannique lui avait répondu qu’elle ferait mieux de respecter les résultats d’un référendum tenu l’an passé, où les habitants des îles avaient exprimé leur désir de rester sous l’autorité de Londres. Il a conclu en affirmant que Londres était prêt à utiliser la force au cas où la menace argentine devenait trop forte.

 

Le Revizor

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