Iran: rats mutants, snipers et sanctions

Les rats tués à Téhéran pèsent jusqu'à 5 kilos.

Les rats tués à Téhéran pèsent jusqu’à 5 kilos.

Les Iraniens attendaient les bombes israéliennes. Ils ont reçu des rats mutants. À Téhéran, la capitale, des rats géants ont envahi les rues. Ils pèsent jusqu’à cinq kilos et s’en prennent aux pauvres matous qui ont le malheur de croiser leur route. La mairie de Téhéran a trouvé une solution pour le moins radicale.

Un œil fermé, l’autre collé à une lunette, un homme encagoulé attend sans bouger. Soudain, ses muscles se crispent, il retient sa respiration. Son doigt pousse sur la détente, un rat de cinq kilos vient de s’alourdir de quelques grammes de plomb. Nous ne sommes pas dans un jeu de foire syrien mais à Téhéran, une mégalopole de près de 16 millions d’habitants. La mairie a décidé de déployer dix unités de tireurs d’élite, le poison étant aussi inefficace que les sanctions infligées à la république islamique par la « communauté internationale® ». Les snipers opéreront la nuit afin de limiter le danger.

Meurs, sale bête!

Meurs, sale bête!

« Les rats ont subi des changements génétiques probablement à cause de radiations ou de substances chimiques. Ces changements génétiques devraient s’étaler sur des millions d’années d’évolution et non pas en une nuit. Les rats ont grandi de quelques centaines de grammes voire de plusieurs kilos », a déclaré Ismaïl Kahram, un professeur universitaire proche du gouvernement.

On estime que la capitale iranienne abrite bon gré mal gré plus de 25 millions d’adorables (petits) rongeurs. De quoi permettre aux snipers iraniens de tâter de la gâchette pendant plusieurs mois. Si la ville abrite plus de rats que d’hommes, c’est parce qu’elle est entourée de montagnes. À la fonte des neiges, l’eau monte, les rats sortent des égouts. Dès lors, ils se délectent de tout ce qu’ils peuvent trouver dans les bazars.

Les snipers iraniens affirment avoir abattu plus de 2200 rats. Espérons que dans leur impitoyable guerre, ils ne flingueront pas par mégarde les tortures ninjas, elles aussi réfugiées dans les égouts après avoir été exposées à des produits radioactifs.

La responsabilité de l’occident

Nul n’ignore toutes les maladies qu’apportent les rats, toujours prompts à trouver refuge dans des endroits aussi peu accueillants que les égouts, les fosses septiques, les poubelles, etc. Les deux maladies les plus connues sont la peste (40% de la population européenne décimée entre 1347 et 1352) et la leptospirose.

Or, l’Iran est la victime de nombreuses sanctions pour le contraindre à arrêter son programme nucléaire. Et peu importe si les mollahs jurent sur le Coran qu’il a uniquement une vocation civile. Officiellement, les sanctions ne visent pas les biens de première nécessité. Malgré tout, on comprend mal comment un panel de sanctions allant d’un embargo pétrolier à une exclusion du système bancaire mondial en passant par un blocus économique, pourrait ne pas toucher la vie des honnêtes citoyens. Les sanctions visent tout le monde, pas uniquement ceux qui bricolent des pétards dans des vieux hangars.

Il avait 15 ans. De quoi était-il coupable?

Il avait 15 ans. De quoi était-il coupable?

L’industrie pharmaceutique iranienne est asphyxiée. Elle ne jouit plus des transferts de technologie qui sont légion dans le reste du monde. Le Rial, la monnaie locale, subit une forte inflation. Il y a quelques semaines, Manouchehr Esmaili-Liousi, un adolescent de 15 ans, est mort dans le sud-ouest de l’Iran. Hémophile, il n’a pas pu obtenir les médicaments nécessaires au traitement de son mal. D’autres cas pourraient suivre.

«L’effet des sanctions, qui a entraîné une pénurie de médicaments et d’équipements médicaux de première nécessité, est peut-être involontaire, mais il est indéniable», relève le consultant Siamak Namazi dans un rapport que vient de publier le Woodrow Wilson International Center, un institut de recherche indépendant basé à Washington.

Dans ce contexte, doit-on craindre le retour de la peste en Iran ? Ce pays, berceau d’une culture plurimillénaire, sera-t-il réduit au silence par des sanctions aussi injustes qu’aveugles ? Les effets secondaires sont voulus. C’est même sur eux que Washington et ses alliés comptent pour abattre la République Islamique, cerbère de tous les maux de la terre. L’exemple irakien le prouve.

L’Irak, laboratoire des sanctions criminelles de l’occident

En 1990, les occidentaux avaient accablé de sanctions l’Irak de Saddam Hussein. L’objectif était officiellement de punir le pays pour son invasion du Koweït. Invasion orchestrée, rappelons-le, avec des armes fournies à l’Irak par… l’occident ! Le but était encore une fois de nuire à l’Iran.

La jeunesse irakienne, qui représente 45% de la population, a été la première victime du programme "pétrole contre nourriture".

La jeunesse irakienne, qui représente 45% de la population, a été la première victime du programme « pétrole contre nourriture ».

Mais revenons-en aux sanctions de destruction massive, appelées sans ambages « pétrole contre nourriture ». Amir Khadir, un médecin canadien très réputé, affirme « qu’elles ont ramené l’Irak 40 ans en arrière au niveau des indices de développement ». Ce voyage dans le temps confectionné au pays de Disneyland n’était évidemment pas gratuit : 500 000 enfants périront de maladies facilement guérissables comme la dysenterie ou la diarrhée. Les sanctions ont également entraînée une large paupérisation qui a poussé les enfants à quitter les bancs de l’école. Résultat, le taux d’alphabétisation a lui aussi fait un formidable bond en arrière. L’eau potable était devenue une ressource rare, les éléments chimiques nécessaires à sa purification étant interdits du fait de l’embargo.

Finalement, les États-Unis et leurs alliés ont obtenu ce qu’ils voulaient. Dans un premier temps, ils ont affaibli ce qui était alors le pays le plus prospère et le plus puissant du Moyen-Orient. Ensuite, en 2003, ils se sont débarrassé de Saddam le tyran. Depuis, l’Irak n’est plus que l’ombre de lui-même. Bagdad vit au rythme des explosions, la pauvreté galope comme une lasagne Findus, l’avenir a déménagé.

Est-ce le sort qu’ils réservent à la grande nation iranienne ?

Le Revizor

Vous trouverez ici un webdocu sur les conséquences des sanctions sur la vie des Iraniens lambdas.

La situation irakienne expliquée par un graphique.

La situation irakienne expliquée par un graphique.

2 réponses à “Iran: rats mutants, snipers et sanctions

  1. « …elles ont ramené l’Irak 40 ans en arrière au niveau des indices de développement ».
    Bush, itself, voulait les ramener à l’age de pierre…
    Pour ce qui est des rats, la solution serait, à mon avis, de leur donner à manger du Macdo et autres produits de la même provenance géographique: résultat garanti, en un mois, ils devraient disparaitre suite à une overdose de graisse.
    A propos des lasagnes, il y a une trés belle illustration de HIC sur le site d’El Watan à la page du 27 février.

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