Le socialisme du 21ème siècle peut-il survivre à Chavez?

 

Je publie ici un article de Nicolas Roche, un journaliste uruguayen en voie de spécialisation dans les relations internationales. Une analyste des plus fines.

Venezuelan President Hugo Chavez speaks during a campaign about his proposal of constitutional changes in Caracas

Après la mort d’Hugo Chávez, le Venezuela affronte une période de transition qui aboutira soit à la maturation du Chavisme, ou Socialisme du XXIème siècle selon la dénomination que l’ancien président donnait à son projet politique; soit à la fin d’un processus qui marquera sans doute l’histoire du Venezuela et de l’Amérique Latine. Pour la région, c’est le moment d’envisager la poursuite du processus d’intégration régionale dont le Venezuela de Chávez a été l’un des précurseurs.

Les empreintes de Chavez

En espagnole, maduro, signifie mûr. La maturité, c’est précisément ce qui va être le plus grand défi pour Nicolás Maduro s’il est élu lors des prochaines élections prévues pour le dimanche 14 avril.  Faire mûrir le Chavisme, sans le leader. Hugo Chávez laisse non seulement des discours enflammés, mais une organisation politico-sociale qui a permis des grands progrès au Venezuela. De même, la jonction de ces avancées et le caractère personnaliste des différentes présidences ont caché certaines limites du système qui se traduisent aujourd’hui dans un ralentissement du changement. Cela a aussi dissimulé certains problèmes graves, parfois endémiques, que Chávez n’a pas pu résoudre pendant ses 14 ans au pouvoir.

Las Misiones, à la base du changement

Dès qu’il arrive au pouvoir, Chávez s’active sur les politiques sociales. Immédiatement, il augmente de 2% le budget destinés aux politiques sociales. 10% du PIB y sont maintenant consacrés.

L’une des principales réussites a été l’augmentation de la population de plus de 60 ans qui accède au système de pension. De 16% en 1998, le taux passe à 27% en 2004 et atteint son maximum en 2009, avec 43%. L’autre grand succès de cette première période- comprise entre 99 et 2003- c’est l’augmentation annuelle moyenne de 170.000 étudiants dans l’ensemble du système éducatif.

 

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À partir de 2004, après quelques années fluctuantes, le Venezuela va consolider ses revenus issus du pétrole. Ceci va permettre à Chávez d’établir des programmes sociaux à grande échelle. La santé et l’éducation ont été ses champs de bataille principaux. Au total, on dénombre 40 misiones, qui ont atteint jusqu’à 25% du budget social.

Les programmes sociaux ont permis de réduire la mortalité infantile qui est passée de 21,4 par mille en 98, à 14 en 2011. La malnutrition a diminué, surtout dans les secteurs plus pauvres. Selon les estimations du gouvernement, près de 19 millions de personnes ont bénéficié des misiones. Ce chiffre représente 65% de la population du Venezuela.

Avec l’augmentation des revenus pétroliers, Chávez a pu améliorer les salaires des travailleurs moins aisés. Le secteur formel de l’économie est en pleine croissance depuis 1999. Au début du Chavisme, le secteur formel d’emploi représentait 50% du marché du travail, tandis qu’en 2011, ce chiffre se situait à 56%.

Les changements produits dans les secteurs décrit jusqu’à maintenant permettent d’expliquer comment Chávez a pu diminuer significativement la pauvreté. En 13 ans, la part de la population vivant sous le seuil de pauvreté est passée de 50,4% à 31,9%, et dans le cas de la pauvreté extrême de 20,3% à 8,6%. C’est est le changement le plus visible du Chavisme.

En plus des misiones, Chávez a aussi créé les « Milices Bolivariennes », un corps « spécial » de civils (á peu près 150.000 personnes) militarisés sous l’ordre direct de Chávez, qui se greffe aux Forces Armées Nationales. Ce groupe a pour mission de garantir la sécurité interne du pays et d’aider les Forces Armées dans la défense du pays. Avec ces deux instruments, Chávez s’assura une base sociale importante qui appuyait et appuie la «Révolution Bolivarienne».

* Douleurs de croissance

La question qui se pose pour l’avenir est la suivante : que feront les milices bolivariennes ? Vont-elles se ranger derrière Nicolas Maduro ou Diosdado Cabello (ancien militaire et actuel Président de l’Assemblée Nationale)? Ou dans le cas échéant suivront-elles leur propre chemin ?

Malgré les résultats positifs décrits, les Misiones se sont établies en parallèle du pouvoir public. La justification avancée ? Gagner du temps face à la bureaucratie du Venezuela. Elles échappent dès lors au contrôle de l’organe public et des lois. Les politiques publiques sont arriérées face à ces programmes. L’idéologie a commencé à envahir les Misiones, et de cas de corruption ont apparu. Qui plus est, l’expansion des missions prévue par Chávez reste très loin de la réalité.

Le successeur de Chavez devra insister sur deux aspects principaux. Le premier, c’est le logement. Le déficit dans ce secteur touche deux millions de vénézuéliens, malgré une dizaine de programmes ou misiones dans ce domaine. Le dernier programme, instauré en 2011, propose précisément la construction de deux millions de maisons d’ici 2017. En 12 ans, Chávez en a construit 284.000. L’ex Président avait établi une loi qui permet de s’accaparer des terrains qui sont inutilisés ou abandonnés. En matière de santé, la mortalité maternelle- pendant la période de grossesse ou après l’accouchement- s’est aggravée, passant de 51 femmes décédés par 100.000 naissances vivantes en 1998, à 62,3 en 2011.

Ceux qui incommodent

Lors des dernières élections en octobre 2012, 75 personnes sont mortes à Caracas, victimes de l’insécurité qui s’est emparée du pays. En 2012, presque 22.000 personnes ont été assassinées. Depuis 10 ans, le gouvernement n’informe pas sur le nombre de personnes affectées, ce sont les ASBL et les organismes internationaux qui le font. Au niveau régional, le taux d’homicides du Venezuela est encore pire que celui du Mexique, qui est gravement affecté par le trafic de drogue, et seulement mieux que ceux d’El Salvador et Honduras. Selon Nations Unies, au niveau mondial, le pays se trouve en cinquième place du sinistre classement des pays les plus dangereux de la planète. Bien que le phénomène est difficile à expliquer, différents analystes et professionnels semblent être d’accord que l’impunité et la présence croissante des narcotrafiquants protégés par une partie de forces de sécurité sont les principales causes de la violence.

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« La délinquance est entrain d’anéantir la patrie M. le Président ! Des milliers d’enfants sont orphelins, des milliers de mamans pleurent leurs enfants. La violence rend malade ! »

Chávez a tenté à plusieurs reprises de régler la situation, mais les experts s’entendent pour dire que ce sont des projets à très court terme. Par ailleurs, ils se plaignent  du manque de coordination entre les différents acteurs responsables de la sécurité dans le pays. L’idéologisation des forces de sécurité est autre aspect qui complique l’émergence d’une solution. Quelques mois avant sa mort, l’ex Président, a lancé une nouvelle misión : « A toda vida » qui en gros propose reformer le système judiciaire et pénitencier. Une attention toute particulière est apportée aux victimes, aux projets de vie en commun et à la solidarité.

L’un des aspects les plus controversés du Chavisme a été l’autoritarisme, qui a été dénoncé par des organisations comme Human Right Watch (HRW). Dans son annuaire 2012, l’organisation explique que l’ancien mandataire a coopté le Tribunal Suprême de Justice, en remplaçant les membres plus « critiques », par d’autres ouvertement favorables au Chavisme. Les juges qui émettaient des résolutions défavorables aux intérêts officiels souffraient de représailles. Suivant une recommandation de l’ONU, la juge Lourdes Afiuni a octroyé la liberté conditionnelle à un banquier accusé de corruption qui avait dépassé le temps maximum en prison établi selon les lois locales. Afiuni a été emprisonné pendant un an. (Pour d’autres cas semblables, cfr. Tightening the Grip Concentration and Abuse of Power in Chávez’s Venezuela).

La liberté de la presse a été aussi affectée pendant la période Chávez. HRW décrit de nombreux abus. En 2007, l’une de chaine plus ancienne, RCTV, très critique avec Chávez, n’a pas pu renouveler sa licence. L’organisme officiel chargé de gérer les différentes concessions ne lui a pas permis non plus d’avoir une signal dans le réseau de la TV câblée. À sa place, le gouvernement installe Tves, pour « récupérer et diffuser les différentes histoire et cultures du Venezuela ». Chávez accusait RCTV d’avoir promu la tentative ratée de coup d’état en 2002. L’autre chaine critique Globovision a été constamment dans le  viseur du gouvernement, et a dû payé une amende de 2 millions de dollars (1,6 millions d’euros) pour avoir violé la Loi de Télécommunication après avoir émis des images d’une émeute dans une prison. Son président a été accusé de corruption. Le gouvernement a aussi durci la législation sur la diffamation de figures publiques, menant à l’autocensure, et a rédigé une loi qui permet à l’État une flexibilité très grande sur l’administration des licences.

Les dirigeants de l’opposition, et même certains syndicalistes ne sont pas exemptés. En 2011, Rubén González a été condamné à sept ans de prison pour avoir organisé une grève dans une entreprise publique. De même, l’État se réserve le droit de donner feu vert dans les différentes élections de dirigeants syndicaux, violant clairement le droit du travailleur à choisir ses représentants.

 Les comptes ne tombent pas juste

Autre problème auquel devra faire face le successeur de Chávez, l’inflation.

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Inflation au Venezuela (1989-2011), Graphique publié par le gouvernement du Venezuela source : http://www.lapatilla.com/site/2012/01/14/la-verdad-sobre-chavez-y-la-inflacion-graficos/

Le graphique nous apprend que Chávez a pu réduire à 20% l’inflation au Venezuela, alors que pendant les gouvernements de Carlos Andrés Pérez et Rafael Caldera elle oscillait entre 30 et 100% ! Le fait est que le Venezuela et l’Argentine sont les seuls pays de la région qui ont une inflation bien supérieure à celles des autres pays latino-américains.

Dans le cas du Venezuela, la forte influence des rentes pétrolières a permis de dynamiser l’économie, d’augmenter les salaires et donc le pouvoir d’achat. Le problème est que les fournisseurs ne sont pas en position de force face à une demande énorme. Depuis une dizaine d’année, le Venezuela applique le contrôle des prix pour pouvoir faire face à l’inflation. Cependant, cela a provoqué des problèmes de pénurie de certains produits basiques comme la farine, le sucre ou le lait. « L’autre fois je suis allée faire les courses, il n’y avait pas de farine, mais il y avait du sucre, donc j’en ai en profité pour en  acheter, car on ne sait pas quand il y en aura à nouveau », expliquait une habitante de Caracas. Le blocage de certains prix, surtout dans les entreprises publiques de service, a empêché de faire des inversions pour pouvoir faire face à la demande croissante et ont obligé à rationner l’eau et l’électricité.

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Source : The Economist

Un autre élément, fortement dénoncé par Chávez, c’est le pouvoir des oligopoles et de certains patrons dans la fixation du prix final. Pour éviter une diminution des profits, ils transfèrent les augmentations de salaires au prix que le consommateur paye. L’augmentation des prix provoque une perte du pouvoir d’achat des travailleurs. La spéculation du patronat contribue ainsi à maintenir l’inflation à un niveau moyen. Début février, le gouvernement vénézuélien a dévalué de 30% sa monnaie face au dollar, pour faire face à la hausse de prix mais aussi la perte de compétitivité de ses produits d’exportation.

L’alternative pour les Amériques

L’une des caractéristiques de la politique régionale de Chávez a été de promouvoir l’intégration entre les différents pays d’Amérique Latine. Une fois arrivée au pouvoir il insista sur un monde « multipolaire » face à l « unipolarité » dominante.

Dans ce sens, les revenus du pétrole lui ont permis d’endosser le costume de leader régional. En 2004, il lance avec Cuba l’ALBA (Alliance Bolivarienne pour les Amériques), un projet qui vise à promouvoir la coopération entre les pays latino-américain, surtout dans le plan social. Actuellement l’ALBA est constituée de 8 membres à part entière (Venezuela, Cuba, Bolivie, Équateur, Nicaragua, Antigua, Saint Vincent et Dominique) et 4 pays observateurs (Haïti, Canada, Iran, et Syrie) et deux pays invités (Surinam et Ste. Lucie). Chávez a à plusieurs reprises signalé que l’ALBA est une réponse à Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA) promue par les États-Unis. Actuellement cet accord commercial a été laissé de côté par la plupart des pays de la région.

Selon une recherche faite par un centre académique local, le Venezuela a dépensé 33.000 millions de dollars (25.581 millions d’euros) pour l’ALBA de sa création en 2005 à 2008. Le principale bénéficiaire a été Cuba avec 19.000 millions de dollars (14.728 millions d’euros). Les liens entre les deux pays dépassent l’aspect économique. Le discours et les idées de Chávez se rapprochent de ceux des frères Castro. Le Venezuela a venu couvrir l’espace laissé par l’URSS à sa disparition. En effet, le Venezuela a repris les travaux dans la raffinerie de Cienfuegos, qui avaient été arrêtés après l’effondrement de l’Union Soviétique. En contrepartie, Cuba met à disposition du Venezuela- et du reste des pays membres- son expertise en éducation et santé. 30.000 étudiants vénézuéliens ont été diplômés à Cuba, deux millions de citoyens des pays de l’ALBA sont maintenant alphabétisés grâce aux programmes internationaux et 600.000 personnes ont été opérées des yeux.

En 2007, le Venezuela, Cuba, la Bolivie et le Nicaragua lancent le Banque de l’ALBA (BALBA). Avec un capital de 2000 millions de dollars (1550 millions d’euros), ils cherchent à financer des initiatives productives non financées par les institutions bancaires internationales en raison d’une faible attractivité ou de risques trop importants.

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En plus des échanges, Cuba reçoit du pétrole selon un système de financement différent. Créée en 2005, Petrocaribe, établit un mécanisme à travers lesquels les pays qui achètent du pétrole au Venezuela, peuvent payer à longue terme et à de très bas taux d’intérêts ou avec une ensemble de produits et de services, comme avec des aliments ou des formations académiques.

Mais Petrocaribe va encore plus loin. Elle octroie aussi des crédits pour des infrastructures de transport ou d’énergie.

 

7Carte AFP.

Dans une époque où les projets de coopération avec l’Union Européenne et les États-Unis sont très peu nombreux, les pays d’Amérique Centrale et du Caraïbe disposent d’alternatives : Petrocaribe ou l’ALBA. Selon des estimations du FMI, les crédits de Petrocaribe représentent 5 ou 6% des totaux octroyés à des pays comme la Guyane, la Jamaïque ou le Nicaragua. Si on prend la période 2005-2008, le Banque Interaméricaine de Développement a octroyé 100 millions de dollars annuels aux différents pays membres pour 470 millions donnés par le Venezuela.

Si on tient compte du fait que Petrocaribe compte 16 membres permanents, le double de l’ALBA, on peut dire que les pays des Caraïbes sont plus attirés par des questions économiques qu’idéologiques (Petrocaribe est plus flexible dans ce sens que l’ALBA). Pour ces pays c’est une manière de faire face à la globalisation. De plus ils bénéficient d’accords de coopération plus avantageux que ceux qu’ils peuvent établir avec les EU.

Dans ce sens, plusieurs auteurs affirment que Petrocaribe et ALBA sont des stratégies géopolitiques de Chávez pour renforcer la présence du Venezuela en Amérique Centrale et dans les Caraïbes, zone historiquement sous influence du pays sud-américain. En effet, Chávez tente d’importer le modèle mené au nord, vers le sud avec Petrosur (Brésil, Argentine et Uruguay) et Petroandina (Bolivie, Colombie, Equateur, Pérou). Le Venezuela a des rapports très ambigus avec la Colombie. Parfois, les deux pays sont très proches, parfois ils semblent au bord de la guerre. Le support de Chavez au mouvement de guérilla des FARC est toujours au centre de la question. Malgré tout, l’actuel président de Colombie, Juan Manuel Santos, secrétaire de Défense pendant le mandat d’Uribe, a reconnu à la mort de Chavez son apport pour trouver une solution avec les FARC et ses efforts pour que l’unification de la région. La rupture que fait Chávez par rapport aux alliances existantes, c’est la sortie du Venezuela de la Communauté Andine des Nations (CAN), après 33 ans de présence. Ce sont des arguments plutôt idéologiques- signature d’un accord bilatéral entre la CAN et l’EU signé par Pérou et Colombie sans consulter le reste du groupe.

Il tentera de se rapprocher du Brésil, parfois en lui faisant concurrence, d’autre fois en cherchant la complémentarité. C’est le cas avec la Banco del Sur, une initiative de l’Argentine et du Brésil, fortement appuyé par Chávez, très semblable à le BALBA. L’ex-président a aussi beaucoup travaillé pour que l’Unasur, l’ancienne Communauté Sud-Américaine de Nations qui regroupe 12 états du continent, puisse gagner la place qu’il a aujourd’hui. Pendant des années, il a beaucoup insisté pour que le Venezuela soit accepté au Mercosur (l’un de plus ancien bloc diplomatique de la région), chose qu’il a atteint en juillet dernier malgré des années de résistance des Parlements- mais non des gouvernements- du Paraguay et du Brésil. Au-delà de l’opposition idéologique, il y avait aussi un désaccord, parce que certains membres de la classe politique des pays du Mercosur considèrent que l’entrée du Venezuela renforce l’asymétrie existant déjà au sein du bloc.

Les voisins lointains

Pour pouvoir maintenir ce système, Chávez, dès le début de son premier mandat, a fait de gros efforts pour se rapprocher des membres de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP). Il a atteint l’objectif que les États de l’OPEP négocient le prix tous ensemble et non pas en différents blocs.

Ceci explique, en plus du facteur de proximité idéologique, pourquoi le Venezuela a établi de liens si forts avec des pays comme la Libye de Kadhafi ou l’Irak de Saddam Hussein. Jusqu’à présent, le Venezuela a représenté la porte d’entrée de l’Iran dans le continent, et ceci provoque l’inquiétude de l’Israël. L’Iran est soupçonné d’avoir promu l’attentat sur la mutualité juive, à Buenos Aires en 1994. Il a provoqué la mort de 86 personnes et plus de 300 blessés.

Également en raison de facteurs énergétiques, le Venezuela de Chávez s’est rapproché de la Russie, avec laquelle, en plus des accords pour des investissements réciproques en matière de pétrole, il lui achète des armements de différents types. Durant les six dernières années, le Venezuela a investi 8500 millions de dollars (6589 millions d’euros) en armement russe, ce qui lui confère le statut du plus grand client du pays eurasiatique. Les deux pays partagent aussi certains comportements au sein des Nations Unies, comme c’est le cas maintenant avec le soutien à la Syrie de Bachar Al-Assad. Un lien similaire uni le Venezuela avec la Chine. Plus récemment, Chávez a élargi sa diplomatie, en essayant que son pays devienne membre du Conseil de Sécurité. Chavez s’est aussi rapproché de la Biélorussie. Ce sont surtout des accords en matière d’investissements énergétiques.

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Les alliances du Venezuela

source : http://www.nbcnews.com/id/15253228/

La marche du Comandante

Avec la mort de Chávez c’est la fin d’un chapitre en matière de leadership. Rafael Correa, le président Equatorien ou son homologue Argentine Cristina Fernández sont ceux qui peuvent continuer ce chemin.

Pour la région le défi sera de continuer et d’approfondir les accords interétatiques que le Venezuela de Chávez a contribué à construire. Sans leader, les alliances risquent-elles d’éclater en différents blocs ? Aux Caraïbes, Petrocaribe risque de disparaitre s’il n’y a pas une plus grande cohésion entre les États. Quelle sera le futur du Venezuela au Mercosur ?

En matière interne, celui qui lui succèdera devra soutenir et renforcer les atouts et améliorer les faiblesses pour que les idées de Chávez continuent leur chemin. La sécurité semble être l’aspect primordial dans ce sens.

Un ancien ambassadeur étatsunien au Venezuela disait qu’avec Chavez il fallait voir ce qu’il faisait, plutôt qu’écouter ce qu’il disait. C’est donc le moment de voir ce qu’il a fait, et d’écouter ce qu’ils disent qu’ils vont faire.

 

Nicolas Roche

 

 

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