Les drones sont parmi nous

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Dans nos imaginaires, le mot drone rime avec les opérations antiterroristes au Pakistan, en Afghanistan ou au Yémen. Pourtant ces petits engins volants commandés à distance n’ont pas tous de funestes missions, loin de là. Les débouchés civils sont innombrables. Survol des possibilités d’un secteur en plein décollage.

La police : la police pourrait en avoir usage, notamment dans la surveillance de manifestations ou dans des opérations spéciales. «Je ne suis pas trop convaincu par cette application, affirme Yves Krippeler, un entrepreneur belge spécialisé dans les drones. Un objet volant peut toujours tomber et blesser quelqu’un.» La police de Bruxelles-Nord avait tenté l’expérience en 2007, mais elle avait crashé le coûteux appareil. En équipant les drones d’une caméra thermique, la police peut faire de saisissantes découvertes. C’est ainsi qu’il y a quelques mois, la police de Hamont-Achel, à la frontière néerlandaise, avait découvert des plantations de cannabis dans des champs de maïs. «Le drone peut aider la police, mais il ne remplacera jamais un véritable travail d’enquête », estime Yves Krippeler, pilote de ligne depuis trente ans.

La sécurité privée: Secom, une société japonaise, va prochainement mettre sur le marché un drone de télé-surveillance autonome. Couplé à des détecteurs de mouvements placés aux endroits stratégiques du lieu à protéger, le drone s’envole immédiatement pour filmer l’intrus. Fini les angles morts des caméras de surveillance classiques. De plus, le drone émet volontairement beaucoup de bruit, histoire de décourager encore un peu plus le visiteur importun. Plus inquiétant, un Texan a eu l’idée de fixer un taser sur un drone. Selon le concepteur, la charge électrique n’est toutefois pas suffisante pour arrêter la cible. Reste que cela risque de donner de mauvaises idées à certaines personnes mal intentionnées…

Le sauvetage: exit le traditionnel Saint-Bernard qui vous repère dans les monticules de neige et qui vous réchauffe avec quelques gouttes de liqueur! Le drone est appelé à le remplacer. Equipé d’une caméra thermique, le drone peut repérer beaucoup plus facilement une victime ensevelie que ne l’aurait fait un chien. Il est également utile pour prévenir les avalanches. Mais le drone peut également sauver des vies en mer. Une société iranienne met actuellement au point un drone à imagerie thermique destiné au sauvetage en mer. Attention toutefois, il n’est destiné qu’à larguer une bouée. Il n’emmènera pas l’ex-futur noyé faire un petit tour dans les airs. Ce drone aura pour base un bateau naviguant dans les eaux prisées par les nageurs. Aucun doute que cela permettra d’éviter beaucoup de tragédies.

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Les pompiers : l’utilité des drones dans la lutte contre les incendies paraît évidente. Les hommes du feu peuvent facilement localiser le foyer principal du brasier et ainsi agir plus efficacement. «Les pompiers du sud-est de la France les utilisent déjà. Les drones permettent de localiser le foyer et l’ampleur de l’incendie, et d’agir plus efficacement, notamment en cas de feu de forêt», nous apprend Yves Krippeler. Les drones peuvent également servir à localiser des corps. Par exemple, si une victime a été enterrée, un survol avec une caméra thermique pourra remarquer que la terre a été remuée. Ce qu’un chien est incapable de faire.

La construction : une perte d’énergie ? Des fissures dans un édifice ? Les drone peuvent les localiser rapidement. En 2011, la France avait utilisé des drones pour vérifier l’état des piliers en béton. C’est beaucoup moins cher que des alpinistes, plus rapide et plus précis. «Nous devrions par exemple utiliser les drones pour vérifier l’état des toitures des édifices religieux ou de lignes à haute tension», estime Yves Krippeler. En Belgique, les drones sont déjà utilisés pour vérifier l’état de panneaux photovoltaïques.

Les médias et la production cinématographique : l’utilisation de drones dans ce domaine est déjà largement répandue. «Les sociétés produisant des émissions comme Thalassa ou des Racines et des Ailes utilisent déjà abondamment les drones. Encore une fois, c’est le prix qui les motive : ça revient beaucoup moins cher que de louer un hélicoptère», explique le spécialiste belge des aéronefs contrôlés à distance. Flycam, une entreprise liégeoise, tire ici son épingle du jeu en participant au tournage de nombreux blockbusters hollywoodiens comme Harry Potter, Van Helsing ou même un volet de James Bond ! Les journalistes pourraient aussi tirer profit de l’usage des drones, à l’exemple de Nawaat : un média en ligne tunisien. Le média citoyen avait fait appel à un objet volant pour filmer une manifestation dans le centre de Tunis. Cela n’avait pas plu à la police, qui a arrêté Malek El Khadhraoui, le rédacteur en chef de Nawaat. L’utilisation de drones est déjà très répandue parmi les paparazzis. Nous pourrions imaginer que des drones servent à filmer de manière originale des événements privés comme des mariages ou des anniversaires.

L’écologie : les possibilités offertes par les drones sont ici légion. «Ils peuvent localiser la source de pollution d’une rivière, toujours à l’aide d’une caméra thermique», affirme Yves Krippeler. Les drones peuvent également être utilisés pour compter les animaux, localiser les arbres malades ou prendre des échantillons d’air dans des zones auxquelles des hélicoptères n’ont pas accès. En 2012, une équipe de la faculté des sciences agronomiques de Gembloux s’est lancée dans un projet qui peut paraître une peu fou: les jeunes scientifiques sont partis compter les éléphants au Burkina-Faso! Le drone leur a permis de s’approcher des pachydermes, ce qui peut se révéler risqué pour les frêles créatures que nous sommes. Et si les drones participaient à la sauvegarde des espèces?

L’immobilier : un entrepreneur cherche à remporter un appel d’offre concernant un projet de nouveau lotissement. Pour ce faire, il fait appel à un drone qui cartographie le terrain à bâtir grâce à un programme de photogrammétrie. Grâce aux données récoltées, l’entrepreneur peut ensuite proposer directement son projet 3D. Simple et convaincant. Mais ce n’est pas leur seule application dans le domaine.«Les promoteurs immobiliers, tout comme les clients, utilisent beaucoup Google earth, selon Yves Krippeler. Il y a cependant un problème : les photos ne sont prises qu’à intervalles trop espacés. Les drones permettent de créer ou de renouveler une base de données», continue-t-il. L’usage de drones dans ce secteur est déjà largement répandu aux États-Unis. Les promoteurs utiliser ces objets volants pour filmer les luxueuses propriétés qu’ils souhaitent vendre.

L’agriculture : Airinov, une société française, propose un service permettant de faciliter la vie des agriculteurs. Un drone survole les plantations et analyse leur vigueur. De là, l’agriculteur peut en déduire les besoins en engrais dont auraient besoin ses champs.

Les assurances : «Prenons l’exemple d’inondations. Un drone survolera rapidement la zone et constatera l’ampleur des dégâts, soutient Yves Krippeler. Mais ils peuvent faire plus encore. Avec une caméra thermique, ils pourront déterminer l’endroit d’où l’eau est venue. Les autorités pourront alors prendre des mesures préventives.» Autre exemple, les dégâts causés par le gibier dans des plantations. Le survol d’un drone permettrait de rapidement saisir l’ampleur des dégâts.

Tous les éléments cités plus hauts démontrent au moins une chose: les drones peuvent révolutionner notre existence, comme l’ont fait internet et le téléphone mobile avant eux. Ils peuvent générer des milliers d’emplois. Aux États-Unis, où le secteur décolle à grande vitesse, on estime que le secteur des drones créera plus de 100 000 jobs d’ici à 2025. L’Europe ne doit pas passer à côté de cette nouvelle révolution industrielle. Il en va de sa pérennité économique.

Le Revizor

2 réponses à “Les drones sont parmi nous

  1. Bien, bien, bien. Mais je pense à une autre application possible. Pour les heureux parents adopteurs d’enfant, ont pourrait leur livrer leur bambin par drones. On appelerait ça…Cigogne express, on bariolerait l’Objet Volant Identifié en noir et blanc. On pourrait même prévoir le largage des mômes dans des choux ou des roses selon le sexe… C’est pas idiot. Si? Bon d’accord n’y pensons plus.

    Au fait, et si on montait des armes dessus, on pourrait se faire des c…en or. ça, c’est sûr, personne n’y a pensé.

    Allez, soyons un peu sérieux, j’ai adoré votre « chatcoptère », excellent. Avec ma fille on a décidé de faire pareil quand le notre aura passer l’arme à gauche. Bon, vu son gabarit on a prévu de l’appeler le « Félindenburg », ça sonne bien, non?

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