Syrie, djihad, Hezbollah, Israël: le Liban va s’enflammer

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La guerre civile syrienne est en passe de prendre une dimension incontrôlable. Aux djihadistes européens, arabes, asiatiques et caucasiens venus prêter main forte aux rebelles syriens, s’est ajoutée la présence du Hezbollah et de « conseillers » iraniens aux côtés de Bachar Al-Assad. La guerre est en passe de franchir la frontière libanaise et d’incendier un pays qui n’a que trop peu connu la paix.

The Middle East Online News Agency annonce dans un rapport que le Hezbollah libanais a demandé au mouvement palestinien Hamas de quitter le pays du cèdre immédiatement. Pourquoi cette soudaine injonction ? Tout a commencé quand un journal britannique a accusé le Hamas de venir en aide aux mercenaires combattant contre le pouvoir de Bachar Al-Assad. Inacceptable pour le Hezbollah, qui doit sa survie militaire au corridor liant Beyrouth à Téhéran en passant par Damas.

Fondé en 1982 pour faire face à l'invasion israélienne du Liban, le Hezbollah a su séduire la rue arabe sunnite. Reste que cet amour pourrait s'estomper au vu de l'implication du mouvement de Nasrallah en Syrie.

Fondé en 1982 pour faire face à l’invasion israélienne du Liban, le Hezbollah a su séduire la rue arabe, même sunnite. Reste que cet amour pourrait s’estomper au vu de l’implication du mouvement de Nasrallah en Syrie.

Le Hamas s’est empressé de démentir ces accusations. Le groupe radical palestinien (sunnite) affirme être très surpris par ces allégations. La mouvance palestinienne, considérée comme terroriste par Israël et ses amis, ne compte pas quitter le Liban pour l’instant.

Le Hezbollah face à un cruel dilemme

Hassan Nasrallah, le leader du Hezbollah (parti de Dieu), doit-il engager ses troupes aux côtés des soldats syriens ? Si oui, ne risque-t-il pas de se décrédibiliser comme mouvement de résistance face aux politiques sionistes de Tel-Aviv ? Si non, ne met-il pas en péril un de ses alliés les plus solides et sans doute le plus important ? Le Hezbollah, privé de l’allié syrien, se retrouverait encerclé par deux puissances hostiles : Israël et une Syrie revancharde. Vu l’omniprésence de la marine et de l’aviation israélienne sur le territoire libanais, le support iranien ne parviendrait plus à la milice chiite. Ce qui serait une catastrophe pour un groupe plus puissant que l’armée libanaise !

Le Hezbollah risque également de plonger le Liban dans les affres de la guerre civile. Sa victoire face à Israël en 2006 fait déjà partie de l’histoire, la rue sunnite lui reproche son soutien au despote de Damas. Et si les groupes sunnites libanais ne disposent pas encore d’une force de frappe permettant de contrer le Hezbollah, il pourrait en aller autrement très prochainement. Face aux avancées de l’armée syrienne et du Hezbollah en Syrie, les rebelles les plus fanatiques pourraient décider de porter leur guerre de religion au Liban. Fidèles à leurs plus anciennes méthodes, les terroristes sunnites éviteront probablement la confrontation directe. Le Liban vivra de nouveau au rythme des explosions de voitures piégées, des tirs de sniper et des fusillades aveugles. Les affrontements récurrents entre chiites et sunnites dans la ville de Tripoli démontrent que les vieilles rancunes ne demandent qu’une étincelle pour se transformer en explosions sanguines.

Or, personne n’a plus envie d’une guerre civile au Liban qu’Israël. L’état-major de Tsahal connait déjà parfaitement le terrain libanais, à force d’envoyer tous les jours des avions survoler ce pays en toute illégalité. Dans le chaos général, Israël pourrait pousser son habituel cynisme jusqu’à se porter volontaire pour une opération militaire « à vocation humanitaire ». L’état hébreu aurait dès lors une magnifique occasion de détruire, ou du moins d’affaiblir, le groupe qui a eu l’affront de lui infliger une défaite.

Malheur aux vaincus !

Le Revizor

6 réponses à “Syrie, djihad, Hezbollah, Israël: le Liban va s’enflammer

  1. Le Hezbollah doit-il ou ne doit-il pas aider Damas? La question que tout le monde se pose. La plupart du « monde » en question, trouve inique l’aide qu’il apporte à la Bashar al Assad, mais il ne faudrait pas oublier que le Hezbollah ne défend pas Bashar, non non, il protège une frontière, un passage, un fournisseur, un axe non-aligné. Rien que pour ses raisons, n’importe quel parti de n’importe quel pays en ferait autant.

    Sans oublier l’ingérence de l’Occident – surtout de la-seule-démocratie-du-moyen-orient – dans la politique du Lban, juste histoire d’écarter le Hezbollah en le diabolisant, quitte à raviver le clivage Hamas/Hezbollah.

    Dieu sait que le Liban n’a pas besoin de ça. Tout le monde semble d’accord avec ceci. Le problème étant qu’une partie des libanais n’a pas compris qu’en cas de chute du régime syrien – et d’une égyptisation du pays – le Liban se retrouverait entre le marteau et l’enclume, autant dire foutu. Je voulais vous poser une question, vu que vous avez l’air de connaitre la culture russe:

    Actuellement la Russie protège la Syrie de Bashar al Assad, mais protège-t-elle le gouvernement ou plus vraisemblablement le territoire, car depuis le virage occidental de la Turquie, il ne lui reste plus beaucoup de solutions d’accés à la Méditerrannée.

    Car si Poutine n’hésite pas à faire tout ce qui est en son pouvoir pour la Syrie, que pense-t-il du Hezbollah et de sa résistance à Israël? En cas de perte de la Syrie, pourrait-on imaginer qu’il apporte son aide au Hezbollah et au Liban?

    Vous voyez, moi aussi je peux être sérieux…

  2. Je vous donne le lien vers un autre site, plus généraliste, ou l’on peut trouver sinon des réponses, au moins d’autres points de vue sur ce même sujet. Je ne sais passi vous le connaissez, si ce n’est pas le cas, armez vous de patience et de courage il peut être ennuyeix quelques fois. Il y a même des belges qui interviennent.🙂
    Même un sioniste😦 !

  3. La Russie ne cherchera probablement jamais trop d’ennuis avec Israël. Tout d’abord parce que beaucoup d’Israéliens ont la nationalité russe. Ensuite, parce que ce serait prendre le risque d’une escalade incontrôlable avec l’Oncle Sam.

    Comme vous l’avez vous-même dit, la Russie ne soutient pas la Russie pour les beaux yeux vides de Bachar. Poutine se rend tout de même compte que ce personnage est peu fréquentable. Mais comme vous le disiez, il faut protéger un axe.

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